Des lézardes apparaissent dans la Macronie : Élisabeth Borne annonce sa démission

Des lézardes apparaissent dans la Macronie : Élisabeth Borne annonce sa démission

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La Macronie s’effrite déjà depuis quelques années par quasiment 10 ans de pouvoir et des résultats catastrophiques dans tous les domaines pour la France : perte de souveraineté, idéologie européiste de plus en plus dictatoriale, répressions politiques, désastre économique annoncé pour la France, 1 200 milliards de dettes supplémentaires (un record absolu, sous ses seuls mandats, la dette sera passée de 2 500 à 3 700 milliards), une communautarisation de la République, une politique intérieure de la peur et de la division et enfin une politique à l’internationale désastreuse et contraire aux intérêts de la France. Dans cet article de l’Aurore Nouvelle nous passerons en revue les déclarations d’Élisabeth Borne, qui entre les lignes en dit beaucoup. La division politique est bien réelle désormais dans le parti Renaissance, l’approche de la présidentielle provoque des ambitions qui ne seront pas toutes satisfaites.

Accessoirement, pour ceux qui ne connaisse pas bien le cas Élisabeth Borne, je terminerai le propos avec une biographie, pour éclairer le personnage, figure emblématique de la macronie et de la Gauche Caviar. Son parcours est hallucinant, celui d’une politicienne professionnelle et un cas d’écoles : multiples ministères souvent sans compétences réelles, pluie de postes très rémunérés dans de grandes institutions, jusqu’à être nommé préfète pour lui assurer un revenu de transition… Elle est aussi une ennemie politique de Gabriel Attal, qui lui infligea plusieurs humiliations ces derniers mois et lui barra la route. Voici Élisabeth Borne, éternellement assise au banquet républicain, qui ne semble pas rassasiée de pouvoirs et d’honneurs, même après 35 ans…

Pas de débat réel en interne dan le parti Renaissance. La nouvelle est tombée ce jour, celle de la démission d’Élisabeth Borne de son poste de président du Conseil national du Parti Renaissance, le parti présidentiel. Jusque là, rien de très passionnant, mais le fait intéressant est ce qu’elle déclara au sujet des raisons de sa démission : « Je ne me retrouve pas dans la ligne du parti » et annonce carrément claquer la porte pour fonder une nouvelle formation politique. Malgré tout, le torchon ne semble pas brûler totalement, car elle indiquait rester membre du parti, indiquant « être très attachée au parti, c’est mon histoire politique ! ». Un mensonge pieux car son réel ancrage politique était la Gauche Caviar et le Parti Socialiste.

« Je ne me retrouve pas dans la ligne qui n’est pas forcément débattue au sein de Renaissance, donc j’ai décidé de démissionner du Conseil national de Renaissance, de me mettre en retrait du bureau exécutif et de me consacrer à la structure que j’ai créé, Bâtissons ensemble, qui est un espace ouvert et qui a vocation à rassembler au-delà des partis, à animer des débats dans des territoires pour faire émerger des propositions concrètes ».

Des désirs qui ne seront pas toujours réalité. En d’autres circonstances, une telle décision aurait pu être comprise comme un désir de candidature pour l’élection présidentielle 2027. Cependant, elle a martelé qu’elle n’avait nullement cette intention (ce qui n’est pas sûr…). Cependant son projet de « parti » sans parti, « de rassemblement des idées » est assez flou, car de telles formations existent de très longue date, comme l’UPR de François Asselineau. L’une des pantalonnades de l’apparition de la Macronie avait été justement de faire croire au dépassement des clivages, à l’époque entre la droite et la gauche. Étrangement, son discours s’est ensuite perdu dans la dénonciation des extrêmes :

« Aujourd’hui le débat public est saturé par les propositions des extrêmes. Et donc dans ce livre j’ai voulu dénoncer ces réponses des extrêmes et dire qu’il y a un autre chemin, mais qui suppose qu’on se retrousse les manches, qu’on se rassemble. Je milite pour un rassemblement de la gauche réformiste à la droite modérée, pour apporter des vraies réponses aux Français ».

Avec ou sans ambition présidentielle déclarée, ce coup de tonnerre fait réfléchir sur ses intentions. Ce qu’elle propose fut exactement le projet macroniste, aussi n’apporte-t-elle rien de nouveau. Toutefois, il est intéressant de souligner qu’elle déclarait que les idées n’étaient plus débattues dans le parti Renaissance, ce que nous savions de longue date, le macroniste étant tout, sauf la culture démocratique ou du débat. En refusant de claquer la porte et en restant dans la formation, tout en lançant ce mouvement, tout ceci ressemble à une opération brouillonne qui ira assurément droit dans le mur… de la Macronie. Mais peut-être les difficultés sont internes et souterraines, alors qu’elle semble distante et dans un conflit larvé avec Gabriel Attal. Elle démissionne d’ailleurs alors que le Conseil national de Renaissance doit se réunir pour décider s’il serait le candidat de la Macronie à la présidence française (12 mai prochain). Pour l’instant, Renaissance n’avait d’ailleurs pas décidé… si sa désignation serait sèche… comprendre autoritaire et par décision du politburo, ou s’il y aurait une primaire fermée dans le parti.

Mais qui est Élisabeth Borne ? Elle naquit à Paris, le 18 avril 1961, dans une famille française, juive et polonaise. Son père Joseph Bornstein (1924-1972), fut un déporté des camps de concentration. Pour des raisons que je n’ai pas comprises, son père se suicida le 19 mars 1972, la laissant orpheline de père et devenant pupille de la Nation. Elle fit des études supérieures, dans deux grandes écoles supérieures d’ingénieur, d’abord à l’École Polytechnique, puis aux Ponts et Chaussées (début années 80).

L’apparatchik de la Gauche Caviar. Elle fraya bientôt dans les coulisses de la Gauche Caviar, très vite bombardée comme conseillère au Ministère de l’Éducation nationale, sous Lionel Jospin et Jack Lang, puis du cabinet du Premier ministre, Lionel Jospin (années 90). Introduite dans les plus hautes sphères du pouvoir, les nominations tombèrent bientôt, d’abord directrice de la stratégie de la SNCF (2000-2005), puis directrice générale de l’urbanisme à la Mairie de Paris, sous Delanoë (2008-2013). Elle fut honteusement recyclée dans l’institution préfectorale, par la seule décision présidentielle, « la volonté du prince », un fait dénoncé de longue date, de gens placés dans cette institution pour des raisons de clientélisme et népotisme. Elle fut alors préfète de la région Poitou-Charentes (2013-2015), la région d’une certaine… Ségolène Royal, dont elle devint comme par hasard, directrice de cabinet au Ministère de l’Écologie (2014-2015). Les bons amis devant toujours être recyclés, elle obtint encore le poste de présidente directrice générale de la RATP (2015-2017).

La Macroniste de la première heure. N’ayant jamais été encartée au PS, malgré son gros passif dans la Gauche Caviar, elle se rallia immédiatement à Emmanuel Macron, qu’elle avait fréquenté et croisé dans le gouvernement PS de l’ère François Hollande. Sans attendre elle s’encarta dans le Parti En Marche, puis fut nommée Ministre des Transports (2017-2019), où cependant elle était au moins cohérente. Elle déclencha la colère des cheminots dans des réformes dures de l’institution, mais ministre élastique et diplomate sut endormir son monde et les syndicats. La suite fut une longue succession de ministères où elle n’avait cependant pas de compétences réelles : Ministre de la transition écologique (2019-2020), Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’insertion (2020-2022) et enfin le hochet suprême : Première ministre (2022-2024). Elle se démontra rapidement autoritaire et antidémocratique, abusant de l’article 49.3 pour faire passer ses projets de loi, notamment celui des retraites, à 23 reprises, un record absolu. Madame 49.3 devint vite très impopulaire, attaquée par 31 motions de censure, avant d’être remplacée par ce qui devait devenir son rival et ennemi politique : Gabriel Attal (8 janvier 2024).

Épilogue : consciente que le président Macron était plus proche de la sortie que de l’entrée, elle annonça alors sa candidature à la tête du Parti Renaissance (août 2024). Elle fut contrainte de retirer sa candidature, en échange de la présidence du Conseil national du parti, devant céder là encore la place à Gabriel Attal. Vous connaissez la suite, le conflit avec le futur présidentiable se poursuit de nos jours, avec son départ de cette présidence, dans une guerre au couteau qui se livre dans les souterrains macronistes. Il est intéressant de noter qu’elle avait anticipé une possible sortie du gouvernement, se présentant aux élections législatives en 2022, dans le département du Calvados (juin 2022). Nommée ministre, elle avait alors quitté son siège à l’Assemblée nationale, remplacée par sa suppléante (juillet 2022). Dès sa sortie, ce genre de manœuvre politique pendable et qui devraient être interdites dans une démocratie digne de ce nom, lui permit de retrouver tranquillement le salaire confortable d’une députée, en reprenant sa place laissée vacante… par sa suppléante (février 2024). L’assemblée ayant été dissoute par Macron, elle fut toutefois réélue en juillet 2024, faisant même un score supérieur à 2022 (56,4 % des voix, contre 52,5%). Cependant, elle fut parachutée dans le Ministère de l’Education nationale (décembre 2024), puis reconduite sous Lecornu (octobre 2025). Poste où elle grenouillera certainement jusqu’à la fin de l’ère Macron… après avoir croqué de nombreuses pommes républicains pendant 35 ans… Comiquement, elle écrivait un livre incitant les Français « à se réveiller »… mais ce ne sera peut-être pas dans le sens qu’elle espère !