Macron engage la France dans le conflit contre l’Iran

Macron engage la France dans le conflit contre l’Iran

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Comme à l’habitude du régime français, cette annonce n’a bien sûr pas été publiée comme telle… mais selon le média de propagande d’État français, France24 : « comme une posture défensive, alors qu’Emmanuel Macron se rend à Chypre puis à bord du porte-avion Charles de Gaulle, au plus près de la menace iranienne ».

En réalité la question est la même qu’en janvier 1987, lorsqu’après avoir poussé l’Irak à attaquer l’Iran, l’Occident tenta de reprendre le contrôle de ce pays et surtout de son pétrole. Dans cette longue guerre (1980-1988), la France supporta et arma l’Irak, mais les fameuses armes chimiques de Saddam Hussein, pour s’attaquer aux forces iraniens et aux Kurdes, furent aussi fournies, du moins pour les technologies et les composants, par des entreprises de l’Allemagne de l’Ouest. En janvier 1987, l’Iran bloqua le détroit d’Ormuz, attaquant plus de 500 pétroliers liés aux compagnies pétrolières occidentales. La campagne provoqua une crise de l’énergie en Occident et particulièrement en France, cependant un nouveau choc pétrolier fut évité. Pour mettre fin à une situation jugée inacceptable, la Marine française envoyant le porte-avion Clemenceau, alors que les USA déployait une flotte entière. Le bras de fer se termina au moment où les forces américaines pulvérisèrent un avion de ligne iranien, tuant de nombreux civils, dont 62 enfants (été 1988). Ayant de toute façon échoué à écraser l’Iran par le proxy irakien, les Occidentaux poussèrent aux négociations de paix, qui intervinrent rapidement.

La question est donc la même, malgré les affirmations du gouvernement français, qui assurait par la voix de Roland Lescure, Ministre de l’Économie, que seuls 10 % de l’approvisionnement en pétrole et en produits pétroliers venaient du Moyen-Orient, l’Irak à lui seul fournissait en réalité entre 12 et 15 % de cet approvisionnement… et il faut compter encore le Koweït, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Alors, la problématique est quasiment la même qu’en 1987-1988. Devant le danger et face à une crise économique très grave, qui touche la France, et qui n’avait pas et de loin cette ampleur à la fin des années 80, Macron enverra donc le seul porte-avion de la Marine française « en défensive » dans le golfe persique. Le gouvernement de Macron martèlera qu’il ne s’agit que d’une « opération défensive », face « à une menace iranienne », alors que nous sommes quasiment certain qu’en sous-main et secrètement, la France est déjà engagée aux côtés des USA et d’Israël dans l’agression de l’Iran.

La politique arabe de la France est de toute façon morte depuis longtemps, née de l’idée du général de Gaulle, d’une troisième voie française, qui n’aurait pas été celle des USA, ou de l’URSS (années 60). Sous Giscard d’Estaing, la France avait accueillit en exil l’Ayatollah Khomeini, jugé aujourd’hui comme une faute, mais les archives ont parlé, mettant en exergue que jusqu’à sa prise de pouvoir en 1979, en Iran, l’homme avait été financé par la CIA. Les derniers feux de cette politique, malgré que la France eut participé à l’opération contre l’Irak (1990), fut finalement le refus de participer à l’invasion du pays par la coalition américaine et britannique (2003). La France avait alors engrangé son dernier succès d’estime dans le monde arabe. Cette politique fut enterrée par Nicolas Sarkosy, s’engageant dans la destruction de la Libye, puis par François Hollande, dans une opération similaire contre la Syrie (2011-2017). Quant à Macron, il n’aura pas fait mieux, d’abord en reconnaissant la souveraineté marocaine sur la Sahara Occidental (2024), en poursuivant la politique de destruction de la Syrie (2017-2025) et en passant pour un soutien israélien dans l’affaire de l’écrasement de la bande de Gaza (2023-2024). Le mauvais roman iranien se poursuit, un héritage des graves erreurs du passé, mais dont Macron est de toute façon également l’héritier politique assumé.

Officiellement pour masquer cette opération, sans en dire les véritables raisons, la France envoie le groupe naval du porte-avion Charles de Gaulle… « pour défendre ses alliés ». Mais la formulation ne trompe personne, tandis qu’au passage, Macron essaiera peut-être de vendre quelques armements auxdits alliés. Les affaires sont les affaires, mais une inconnue toutefois, le coût d’entretien du groupe naval en opération… une facture salée qui sera payée avec l’argent des contribuables français.