L’Iran aurait frappé une base anglo-américaine dans l’île de Diego Garcia

L’Iran aurait frappé une base anglo-américaine dans l’île de Diego Garcia

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La nouvelle est déjà reprise dans le monde multipolaire, c’est celle de la frappe par l’Iran, avec un missile stratégique balistique, d’une base anglo-américaine dans l’île de Diego Garcia, dans l’Océan Indien. Si elle était confirmée, ce serait un fait extraordinaire et une très mauvaise nouvelle pour la coalition occidentale et israélienne qui s’attaque à l’Iran. Voici dans l’article de l’Aurore Nouvelle des précisions sur cette frappe et surtout des informations sur la situation méconnue de l’île de Diego Garcia et du peuple chagossien. Les habitants furent en effet déportés par les Américains à leur installation dans l’île… une situation qui fait toujours scandale.

Ce que nous savons : L’Iran aurait frappé à l’aube, une base anglo-américaine dans l’île de Diego Garcia. Elle se trouve à 3 800 km des côtes de l’Iran, alors que jusqu’à présent, l’Iran n’était pas crédité d’une telle possibilité stratégique. Les Américains ont immédiatement affirmé : « que la frappe n’a pas atteint sa cible ». Que cela soit vrai ou non, si le missile a été tiré et même en ayant raté sa cible, alors l’Iran pourrait atteindre la majeure partie des pays de l’OTAN qui participent à la coalition… Ceci étendrait considérablement le théâtre d’opération de guerre, mais surtout les Américains avaient annoncé dernièrement : « l’anéantissement à 100 % des capacités militaires de l’Iran en matière de missiles et de son programme balistique ».

Le missile de type Khorramshahr-4. Le missile qui aurait été tiré serait un Khorramshahr-4. C’est un missile stratégique iranien, avec une portée maximale de 4 300 km, selon des sources non officielles. C’est la 4e de la série, inauguré avec le Khorramshahr-1, dont la portée, ainsi que les modèles suivants n’était estimée qu’à 2 000 km. Le missile utilise un moteur à ergols liquides de type hypergolique, c’est à dire auto-inflammable. C’est déjà un engin imposant, d’une hauteur de 13 mètres, pour un diamètre de 1,5 mètre. Sa charge utile était estimée à 1 800-2000 kg et de 1 000 kg pour qu’il puisse atteindre sa vitesse maximale de Mach 16 (hors atmosphère). Sa vitesse terminale est quant à elle de Mach 8. Le modèle fut dévoilé en 2023, avec une ogive prévue pour un poids de 1 500 kg. Le système du guidage du missile actif en phase de vol intermédiaire (hors atmosphère) peut être désactivé pour résister aux contre-mesures et à la guerre électronique. Sa précision était également signalée pour 10 à 30 mètres. Il est aussi défini comme ayant une capacité de furtivité radar, grâce à une conception aérodynamique et des matériaux spéciaux. Son carburant lui permet aussi de rester prêt au lancement… pendant des années, avec une maintenance minimale et une capacité à être lancé en quelques minutes. L’engin est un dérivé d’un missile Nord-Coréen, le Musudan Hwasong-10), à force de se faire des ennemis dans le monde entier, les USA doivent subir les conséquences de partenariats qu’ils ne peuvent empêcher. Le temps de lancé est estimé à 12 minutes, rendant quasiment impossible des frappes préventives ennemies. Enfin, sa capacité de vitesse hors atmosphère et sa furtivité font de lui un défi important pour les armes antiaériennes, notamment américaines, en peine de l’intercepter.

Mais à qui appartient l’île de Diego Garcia ? Elle est actuellement un territoire britannique de l’Océan Indien, mais la République de Maurice et le Royaume-Uni ont signé un accord en mai 2025, pour le transfert de l’archipel de Chagos (dont fait partie Diego Garcia), à la petite république. Cependant, l’accord n’est pas entré en action, car les parlements des deux pays, le Royaume-Uni et la République de Maurice doivent valider l’accord. Le Royaume-Uni et les États-Unis avaient signé un accord pour l’installation d’une base américaine dans l’île (1966), alors que Washington était au début de son engagement dans la guerre du Vietnam (1965-1975). L’installation de la base américaine avait motivé l’expulsion de force d’environ 2 000 habitants, jetés dehors de chez eux et déportés sur l’île Maurice ou dans les Seychelles (1967-1973). Pire encore, un décret britannique fut voté pour leur interdire de revenir un jour (1971). Les locaux avaient saisi la Cour internationale de justice… en 2019, déclarant cette colonisation illégale. Ils n’ont jamais été entendus jusqu’à ce jour. L’affaire avait été portée au Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale, critiquant l’accord de 2025, qui ne réglait pas la question de Diego Garcia et : « empêche explicitement le retour du peuple chagossien sur ses terres ancestrales de l’île de Diego Garcia ».

Cette base est dénommée : « Naval Support Facility Diego Garcia » et fut déjà utilisée pour l’agression de l’Irak, dans la Guerre du Golfe (1990-1991), puis dans son invasion (2003). Dans le nouvel accord signé en mai 2025, le Royaume-Uni gardait cependant un bail de location sur Diego Garcia, pour 99 ans, avec un renouvellement pour 40 ans supplémentaires, pour un paiement annuel à la république de la somme de 101 millions de livres sterling (136 millions de dollars). L’accord garantie de fait la présence d’une base américaine… au moins jusqu’au XXIIe siècle. Mais Trump avait fait un scandale politique à propos de l’accord signé par les Britanniques. Il affirmait : « qu’il s’agissait d’une grosse erreur » et une perte de contrôle à terme du Royaume-Uni (février 2026). En attendant les vrais propriétaires de l’île seront privés de leurs terres encore pendant au moins un siècle… et les deux compères anglo-saxons poursuivent l’exploitation de la base pour l’agression de pays dans la zone de l’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie. En France… aucun média n’a commenté cette situation, car le pays est membre… de l’OTAN.