Le verdict dans le procès Lafarge est tombé : absence des principaux coupables

Le verdict dans le procès Lafarge est tombé : absence des principaux coupables

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Hier nous évoquions l’incroyable affaire Lafarge, où le géant français du bâtiment et du ciment était impliqué dans le financement des terroristes islamistes de Daech. Mais le procès qui d’ailleurs sera suivi d’autres pour des faits de « complicités de crimes contre l’Humanité », était en partie vide de sens, en l’absence des vrais coupables : le gouvernement français. Les noms sont pourtant sortis, Emmanuel Macron au premier chef, puis François Hollande alors président de la République à cette époque, où encore Manuel Valls, Premier ministre et Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères.

Voici un article de l’Aurore Nouvelle, mais qui au-delà du verdict ira beaucoup plus loin, nous parlerons de livraisons d’armes par la France aux terroristes, d’enveloppes d’argent remises à la frontière avec la Turquie, de coups pendables, de déclarations mensongères, puis d’aveux presque fiers de leur coup…

Un verdict pour l’exemple. Le verdict est tombé et a été rendu ce lundi par le Tribunal correctionnel de Paris, en ce jour, 13 avril 2026. Le tribunal a condamné le groupe Lafarge à verser 1,125 million d’euros, tout en ayant l’obligation de publier le jugement et de payer les frais de justice des parties civiles, constituées en grande partie de victimes de l’État islamique. Bruno Lafont, ex PDG du groupe a été condamné à 6 ans de prison ferme, avec mandat de dépôt, c’est à dire l’incarcération immédiate, ainsi que 225 000 euros d’amende. Dans le déni, il a immédiatement indiqué qu’il ferait appel. Christian Herrault, ex-directeur général de Lafarge pour la zone, a été condamné à 5 ans de prison ferme et également 225 000 euros d’amende. Bruno Pescheux, ancien directeur de l’usine Lafarge basée en Syrie, a été condamné à 5 ans de prison ferme, sans mandat de dépôt pour des raisons de santé. Firas Tlass, intermédiaire syrien, jugé par contumace, a été condamné à 7 ans de prison ferme, 225 000 euros d’amende et une interdiction de séjour sur le territoire français. D’autres intermédiaires ont été condamnés à des peines de prison allant de 18 mois à 7 ans.

Les vrais coupables n’étaient pas sur le banc des accusés. Il était évidemment impossible que l’État français ne soit pas au courant de ces financements. La proximité de Lafarge avec Macron est connue de longue date. Alors qu’il se trouvait Ministre de l’Économie, l’information a fuité qu’il avait été le premier au courant, ou l’un des premiers et avait fait barrage pour protéger Lafarge. Mais l’enquête n’aura pas fouillé les possibilités que ce soutien n’ait été en fait qu’une opération visant à financer des groupes terroristes, alors que pendant des mois le gouvernement français appelait à la chute du régime de Bachar al Assad. Laurent Fabius en personne avait parlé de l’envoi de soutiens matériels, affirmant qu’il n’était pas question ici « d’armes létales », mais l’argent, nerf de la guerre était finalement plus important. Par son attache historique avec la Syrie, par le mandat français que la France reçut d’un protectorat sur le Liban et la Syrie (1919-1920-1946), la France est restée longtemps influente et en capacité de peser dans la région. Il n’y a assurément aucune chance que Lafarge puisse avoir été seul à la manœuvre… Les accusés ont d’ailleurs affirmé que l’État français était au courant et utilisait ce biais pour « du renseignement sur Daech ».

Le soutien français aux terroristes islamistes. Ces faits sont d’ailleurs documentés, la France étant un des soutiens parmi les plus actifs des milices et « barbus » en lutte contre le régime syrien (2011). Dès cette époque, la France a fourni de l’argent liquide aux groupes rebelles. En septembre 2012, des diplomates français remettaient des enveloppes de billets à des commandants rebelles à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Cette aide financière s’est accrue à la fin de 2012 et elle servait entre autre à acheter des armes et des munitions à l’intérieur de la Syrie. Le président Hollande l’a reconnu lui-même en 2014 : « nous avons commencé quand nous avons eu la certitude qu’elles iraient entre des mains sûres, les livraisons d’armes et ce sont nos services qui ont procédé aux livraisons ». Le matériel fournit fut des canons automatiques de 20 mm, des mitrailleuses lourdes 12,7 mm, des lance-roquettes et même des missiles antichars. Cette opération fut menée par la DGSE, sous le couvert aussi d’une « aide humanitaire ». La France envoya des gilets pare-balles, des radios cryptées, des lunettes de visée nocturne et d’autres matériels militaires. Paris fut même la première capitale occidentale à reconnaître la Coalition nationale syrienne comme « représentant légitime de la Syrie » (novembre 2012).

Ils font du bon boulot ! Ce furent les paroles de Laurent Fabius, lui qui avait déjà fait « du bon boulot », dans l’affaire du sang contaminé. Il parlait ici des islamistes du front Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda… Cette branche reçut des armes, de l’argent et de la logistique, tout en mettant le corps diplomatique en action et soutien d’Al-Nosra. Pour cacher la misère, la France créa même un écran de fumée en proposant de classer le groupe comme organisation terroriste par l’ONU (mai 2013). Mais le soutien dura encore des années. François Hollande a reconnu lui-même les faits dans un livre, Dans les coulisses de la diplomatie française (2015), confirmant que ces livraisons avaient commencé à la fin de 2012. Dans le même temps, lui et Laurent Fabius s’humiliaient par le mensonge répété à l’envie dans les médias : « que la France ne fournissait que de l’aide non létale ». Résultat ? Le chef de la DIA, les services de renseignement du Pentagone, par la bouche du général Michael Flynn, avait prédit que cela conduirait à la création d’un califat islamique… ce qui fut bien le cas.

Emmanuel Macron, François Hollande, Manuel Valls, Laurent Fabius et des dirigeants des services français auraient dû se trouver en ce jour sur le banc des accusés et devraient être poursuivi pour complicité de crimes contre l’Humanité… Il y a peu de chances que dans l’état actuel du pays, une telle chose soit possible… alors qu’Emmanuel Macron est président de la République depuis 2017… Mais l’histoire n’est pas figée et loin d’être encore écrite.