Le mot complotisme s’est imposé dans le paysage au début des années 2000, avec une implosion dans les années 2010. Vers 2015, François Asselineau avait fait une vidéo montrant que le mot était martelé par les médias du système, en montrant son utilisation de plus en plus abusive pour discréditer de nombreux personnages en résistance. Mais le mouvement s’est accéléré au moment des Gilets Jaunes, puis du Covid et enfin de l’opération militaire spéciale russe en Ukraine (2018-2022). Des plateformes sont apparues pour dénoncer les complotismes, souvent financées par des officines suspectes, notamment américaines et de l’Union européenne, tandis que les grands médias français, journaux et radios fondaient des émissions ou des sections spéciales dédiées au complotisme. Dans ce nouvel article de l’Aurore Nouvelle, nous allons passer en revue les raisons de son utilisation dans la guerre psychologique menée contre les populations et opinions dans le monde occidental. Voici le complotisme… une arme subtile du contrôle des masses.
Les origines du « complotisme ». Toute l’histoire de cette vaste manipulation a commencé après l’arrivée d’Internet dans les foyers. Dans cette espace partiellement incontrôlable par les chiens de garde du système, l’emprise des médias étatiques en particulier, commença à s’éroder à grande vitesse. Les nouvelles générations étaient éloignées des journaux papiers, les rituels du visionnage des informations télévisées plutôt des habitudes de générations vieillissantes, qui connurent l’explosion télévisuelle dans les années 60-70. Dans le même temps, apparurent les premiers centres américains et britanniques de la guerre psychologique, selon les mêmes conséquences de l’apparition d’Internet. Les grands pays occidentaux identifièrent à la fois un danger, mais aussi des opportunités. Les premières « usines à trolls » furent fondées, par toutes les plus grandes puissances (au moins 30 puissances mondiales avaient fondé des centres avant 2017, en plus de l’Union européenne elle-même, 48 pays furent identifiés, France comprise en 2019), des agents et fonctionnaires chargés de créer des faux comptes, pour commenter dans les rubriques commentaires, sous les vidéos de plateformes comme YouTube, dans les réseaux sociaux afin d’influencer les gens, ou de les contrer dans le cas d’un discours jugé déviant. Du côté des médias, la rapide dégradation de leur influence força les rédactions à réagir. Vers 2008, une émission d’Arte mis en scène des grands journalistes du service public. Dans une rhétorique larmoyante, la question était : « mais sommes nous devenus mauvais, pour que nous subissions le désamour du public ? ». Le documentaire concluait par la négative, en affirmant que l’information diffusée sur Internet était orientée, fausse et teintée… de complotisme.



L’utilisation de vrais théories complotistes et conspirationnistes pour discréditer les résistances. Le système identifia bien de vraies déviances, parmi lesquelles se trouvaient : les théories fumeuses autour du 11 septembre, des déviances historiques notamment autour des pyramides construites par des extra-terrestres, et d’autres théories s’infiltrant dans les zones d’ombres de l’histoire ou de l’archéologique. Parmi elles, le mythe de l’Atlantide, repris par une cité engloutie au large du Japon, le mythe de la terre creuse, celui d’une base nazie dans l’Antarctique. D’autres tiraient leurs origines de combats politiques, avec des dérives historiques, comme le complot judéo-maçonnique, les francs-maçons, les illuminati, ou des théories autour de créatures, les reptiliens, des extra-terrestres habitant dans les corps des chats. Certaines surfèrent sur des aspects mystiques, ésotériques, religieux, sur l’origine des hommes en particulier, de découvertes scientifiques, archéologiques détournées. L’occasion était trop belle pour ces centres de la guerre psychologique et cognitive pour ne pas utiliser toute cette masse de fausses théories, pour ne pas les utiliser contre les populations elles-mêmes. Le mot est alors devenu une arme de destruction massive contre toutes les résistances, souvent bien loin d’être des complotistes.
A l’assaut des résistances : jeter le discrédit. J’ai parlé au début de François Asselineau, ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Dernièrement le fameux Conspiracy Watch, officine plus que suspecte, dirigé par par Rudy Reichstadt, « directeur de l’Observatoire des radicalités politiques » dans la Fondation Jean Jaurès, un organisme et think thank contrôlée par la Macronie, et de la fameuse plateforme Conspiracy Watch, déclarait à son propos : « ce n’est pas quelqu’un de dérangé sur le plan psychiatrique, il est tout à fait sensé et raisonnable, mais il surfe allègrement sur les théories du complot ». Le président du Parti Union Populaire Républicaine fut même attaqué par un média public, France Culture, comme : « l’un des hommes défendant des théories complotistes ». Mais Asselineau est loin d’être la seule cible, citons Étienne Chouard très largement qualifié de complotiste, ou de « confusionniste », et attaqué avec une autre arme de la guerre psychologique : la Shoah. D’autres très nombreux ont fait l’objet d’attaques similaires, il serait trop long de tous les citer, les uns et les autres qualifiés parfois de « fascistes », « d’antisémites », de « conspirationnistes », et parfois des mouvements sociaux dans leur totalité. Ainsi des offensives furent lancées pour associer les Gilets Jaunes à des « complotistes », puis les « Antivacs » au moment du Covid et enfin les pro-russes à partir de l’opération militaire spéciale. Une masse d’articles a été publiée en ce sens, alors que les termes pour discréditer toute forme de résistance se sont aussi multipliés. Dans les années 80-90, des termes dégradants autour du « fascisme » ou du « communisme » étaient suffisants pour discréditer, mais au fil du temps et de la fatigue, en plus du fait de l’impossibilité de mentir en permanence sur l’appartenance à l’un ou l’autre des mouvements de toutes les personnalités, le « complotiste » comporte divers avantages, en particulier celui d’être un « fourre-tout ».



Les populations sollicitées. L’arme d’ingénierie sociale du complotisme ne vise pas tant les gens ou mouvements diffamés, mais surtout des populations sollicitées. C’est une masse importante de gens, population lambda qui a intégré le « complotisme », défini comme le mal absolu. Cette masse ne cherche pas vraiment à se réinformer, elle vit une vie commune, entre la famille, le travail, des crédits de banque à rembourser, des vacances un peu toujours conçues de la même façon, d’autres activités sociales plus ou moins riches. Ce ne sont pas de mauvaises personnes, juste la majorité silencieuse de la population. Beaucoup vont voter, la plupart ont suivi des chemins balisés dans leurs vies, sans faire de remous, ni vivre « d’aventures » trop extrêmes. Ils sont l’immense majorité, une masse immobile, qui passe d’études, à une vie de travail, puis à une retraite souvent rêvée de longue date, puis rejoint le confort éternel d’une tombe, ou termine en cendres dans un funérarium. Sensibles à la politique de peur menée contre eux, le complotisme est un épouvantail à moineaux. Ils deviennent alors les meilleurs et plus sûrs défenseurs du système, en répétant le mot éliminatoire : « complotiste ! ». La vieille technique est d’ailleurs toujours d’actualité, la vérité sortait du Petit écran : « ils l’ont dit à la télé ! les informations l’ont dit… ». Selon le témoignage de lecteurs, témoignages souvent tristes, beaucoup d’entre eux se trouvent isolés et même suspectés par leurs proches d’être « des complotistes ». L’arme prend alors des dimensions imparables, où elle sert à isoler et marginaliser des gens qui pensent ou voudraient tenter de le faire.





Les conséquences décrites par de nombreux témoins qui font état de ce phénomène d’isolation sont graves. Dans de nombreux cas, les gens sont devenus silencieux au travail, afin de ne pas être suspectés, ennuyés, voire ostracisés. Dans les familles, même phénomène, avec des divisions sociales notables. Les gens préfèrent se taire face à une masse inerte, mais qui par son immobilisme impacte et peut devenir menaçante. Face à des proches ou des amis, la paix sociale est choisie plutôt que le débat, par ailleurs devenu impossible. Ces débats, trop répétés, peuvent devenir bientôt une césure, conduisant à un recul. Ce recul, en fonction des communautés, des groupes ou familles, peut mener à un isolement, d’autant plus si les groupes en question sont petits en nombre. Par le téléphone « arabe », la masse manipulée peut forcer les plus courageux au repli, à la retraite et le plus souvent au silence prudent. C’est également un grand résultat pour la défense du système, car l’impossibilité de communiquer ou d’échanger, empêche toute opinion dissidente de se développer. Plusieurs fonctionnaires de la Gendarmerie nationale m’ont raconté que durant le Covid, des masses de dénonciations contre d’autres citoyens ont été reçues, épuisant les gendarmes… C’est ici la même conséquence, d’une masse manipulée devenant le meilleur et plus sûr rempart d’un système qui en réalité est oppresseur et dont les premières victimes sont justement « ces défenseurs malgré-eux »…
