C’est un scandale qui se camoufle derrière la nécessité « de soutenir la liberté de la presse », mais depuis la loi qui instaura cette liberté en France, en 1790, force est de constater que cette liberté n’a jamais été aussi menacée. Pire encore ces financements sont illégaux et surtout cyniques, car les propriétaires des journaux en question sont des oligarques français multi millionnaires, des banques et des personnages parfois sulfureux et proche du pouvoir… La raison de ces financements est évidente : pour les destinataires, rafler à bon compte de l’argent public français. Pour le régime, s’assurer d’avoir une presse aux ordres et sous contrôle qui ne glissera pas dans une lutte contre le système, ne fera pas réellement d’investigations, participera à la diffusion de fausses nouvelles, à la propagande d’État et à la guerre psychologique et cognitive menée par le système contre la population.
Des fonds qui n’ont aucune justification réelle. Ces fonds distribués gracieusement et à l’encontre des intérêts du Peuple français étaient pour une première partie de 23,4 millions d’Euros, mais répartis très inégalitairement. Quatre gros journaux nationaux raflaient à eux seuls, 10,35 millions d’euros, à savoir La Croix, L’Humanité, Libération de sinistre mémoire et enfin L’Opinion. Près de la moitié du magot. Les journaux Courrier International, Marianne, Pèlerin, Politis, Causette, La Vie, Le Nouvel Obs, Le Monde diplomatique, Télérama raflaient avec 40 autres titres, 4 millions d’euros. La plateforme Blast-Info, Contexte, Le Huffingston Post, Africa Intelligence et 65 autres titres empochaient 4 millions d’euros. En Outre-Mer, l’État français distribuait 2 autres millions, pour une dizaine de titres. Au niveau régional, la presse française recevait 1,58 millions d’euros, pour 14 journaux et encore à plus petit niveau, 1,47 million étaient distribués à plus de 230 journaux locaux. Cette somme se complétait de 130,1 millions pour le transport et la diffusion de ces journaux. Mais la pluie d’argent ne s’arrête pas là, il faut encore comprendre 21,7 millions d’euros pour « l’aide à la modernisation » des journaux. Par ces nouvelles subventions, et un total d’environ 195 millions d’euros (pour 2022, les chiffres officiels), le top 10 des journaux raflant les plus grosses mises était :
1) Aujourd’hui en France, pour 12,242 millions,
2) Le Figaro, pour 9,892 millions,
3) La Croix, pour 8,754 millions,
4) Le Monde, pour 7,797 million d’euros,
5) Libération, pour 6,632 millions,
6) Ouest-France, pour 6,434 millions,
7) L’Humanité, pour 5,656 millions,
8) Télérama, pour 5,059 millions,
9) Playbac Presse, pour environ 3 millions d’euros,
10), Paris Match.
Tous les principaux groupes de presse français étaient aussi inondés d’argent par divers titres, Les Echos-Le Parisien, Le Monde, Sipa Ouest-France, Bayard, Figaro, EBRA, Sud-Ouest, Centre France, La Dépêche et Rossel France, pour des sommes comprises entre 5 et 18 millions d’euros…
Mais qui sont les propriétaires des groupes de presse et des journaux qui raflent le pactole ? Sont-ils dans le besoin ? Voici justement la liste des propriétaires des titres et groupes qui en réalité n’ont absolument pas besoin de ces fonds détournés des poches des contribuables français.
Aujourd’hui la France : le journal fait partie du groupe et géant du luxe français, LVMH, possédant entre autre, Louis Vuitton, Moët Hennessy et dans les mains du milliardaire Bernard Arnault. L’homme, l’une des plus grandes fortunes de France possède également le groupe Les Echos-Le Parisien qui rafla la plus grosse somme, soit au total 17,971 millions d’euros.
Le Figaro : le journal est possédé par la famille également milliardaire Dassault (environ 9 milliards d’euros pour Laurent et Thierry Dassault), par sa holding GIM, la Grupo Industrial Monterrey.
La Croix : le journal est possédé par le groupe Bayard, lui-même par contre possédé à 99,9 % par la Congrégation des Augustins de l’Assomption, groupe de presse catholique qui est une société anonyme et est à but non lucratif. Les bénéfices sont réinvestis dans ses activités. Le groupe emportait un peu plus de 10 millions d’euros.
Le Monde : le journal et le groupe sont possédés en grande partie par un proche de Macron, Xavier Niel, ancien « roi du porno » du Minitel Rose, dans les années 80, et par le banquier d’affaires Matthieu Pigasse. Les deux hommes sont millionnaires… Le groupe Le Monde ayant raflé la deuxième plus grosse somme, pour 17,262 millions d’euros.
Libération : le journal appartient à un fonds de donations de plusieurs milliardaires, dont le plus gros poisson est le milliardaire tchèque, Daniel Kretinsky pesant à lui seul la coquette somme de 11 à 15 milliards d’euros selon les sources.
Ouest-France : appartient à l’ASPDH, une association en principe non lucrative, mais il se cache derrière la famille Hutin, pesant en 2022 la modique somme, presque ridicule par rapports aux autres oligarques de cette liste, de 33 millions d’euros.
L’Humanité : appartient à une société anonyme avec des actionnaires, dont une partie sont les employés. Il fut longtemps lié au Parti Communiste français et c’est un des rares à ne pas comporter en arrière-grade ou première ligne, un milliardaire ou un millionnaire. C’est aussi une puissante raison pour l’État de lui verser une obole, qui n’empêchera pas les critiques, mais le maintiendra toutefois dans une « limite » et une ligne rouge à ne pas dépasser.
Télérama : est également possédé par Xavier Niel (déjà cité pour Le Monde), un proche d’Emmanuel Macron, sulfureux personnage, considéré comme « un pilier de la Macronie » et un financier occulte.
Playbac Presse : la société qui gère plusieurs journaux, dont l’Actu, fut fondée par François Dufour et Jérôme Saltet, le dernier possédant environ 10 % du capital, le reste étant à des actionnaires et aux employés. Les deux hommes sont fortunés, François Dufour étant un agent américain, mouillé depuis 2005, dans le Young Leader de la French-American Foundation, à l’Eisenhower Fellow (depuis 1998), membre de la World Association of Newpapers, autre organisation d’infiltration et de contrôle US, enfin primé par le Prix French-American Foundation Immigration Journalism Award (2015).
Paris Match : le journal est possédé par le milliardaire Rodolphe Saadé et fut détenu longtemps par le Groupe Lagardère. Saadé possède de nombreux médias français, avec la CMA CGM, dont La Provence, La Tribune et des parts dans les chaînes TV BFMTV ou M6. Sa fortune est estimée de différente manière, entre 8 et 34 milliards de dollars… Il est aussi actionnaire à 20 % du groupe de cinéma Pathé et à 9 % de la compagnie aérienne Air France. Il est soupçonné d’évasions fiscales d’où les difficultés à estimer sa fortune cachant des milliards dans des paradis fiscaux. C’est aussi un autre grand ami d’Emmanuel Macron… qu’il fréquente de longue date et qui bénéficie des largesses de l’État. Il est aussi dénoncé pour avoir fait sauter des directeurs et journalistes pour des critiques du pouvoir macroniste, faire une censure sévère des journalistes et donner des consignes internes d’interdiction fermes de propos : « pouvant contrarier le pouvoir ».
Est-il nécessaire d’en dire plus ? Je pense que non. L’argent des contribuables français est en fait distribuée massivement, à part les cas uniques du groupe Bayard et de L’Humanité, à des milliardaires et millionnaires français et étrangers, qui n’ont évidemment pas besoin de cet argent pour faire tourner ces journaux, en plus de la question d’éthique qui vient ensuite : n’est-il pas urgent également d’interdire ces pratiques et d’obliger tous ces médias à recevoir un statut de société anonyme, dont les actionnaires ne pourraient être que les employés et ceux de la distribution et du transport des journaux ? Ce serait là, l’unique façon de rendre la presse libre et non pas comme je l’ai lu : « d’avoir la liberté de servir »…
