Les Français connaissent rarement le parcours des ministres qui sont nommés à leur poste, la plupart du temps selon des jeux politiques, le népotisme, le clientélisme, la couleur politique et rarement pour leurs compétences et mérites dans les domaines qu’ils sont censés gérer et diriger. Cette tendance s’est aggravée au fil du temps, notamment et surtout à partir du mandat de François Mitterrand, mais la domination des « technocrates » s’est aussi accrue. Certains n’ont jamais travaillé de leur vie, de purs politiciens professionnels, d’autres n’ont jamais abordé de près ou de loin les professions ou groupes de professions dont dépendent leur ministère. Un certain nombre sont inconnus du public, littéralement sortis du chapeau politique, sorte de boîte de pandore et usine à gaz de personnalités obscures qui hantent les couloirs du pouvoir. Et pourtant, ne rions pas trop, car ils dirigent la France…
Aujourd’hui j’aborderai le cas emblématique d’Édouard Geffray, actuel Ministre de l’Éducation Nationale. L’homme n’a jamais enseigné de toute son existence et deux médailles ornent son veston : Sciences Po et l’ENA. Son parcours édifiant est sans appel, alors que vous retrouverez dans ce dernier : un cadavre dans un placard, son cheval de bataille pour l’imposition « de l’éducation sexuelle » (comprendre en réalité propagande LGBT), le désir de rallumer les vieux démons d’un anticléricalisme contraire à la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789, la soudaine découverte de la sinistre « école pédophile », alors que les ministres de l’Éducation nationale ont oublié… de lutter contre ce fléau. Dernièrement il avouait que cette lutte était sous-traitée scandaleusement à (dixit) : « Une centaine d’associations subventionnées par le ministère ». Dans les nuages de la Tour d’Argent, les Édouard Geffray sont déconnectés de la société et des réalités.



Mais qui est Édouard Geffray ? Il naquit à Épinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, le 2 octobre 1978. Il fit deux grandes écoles connues pour fournir les rangs serrés des politiciens, hauts-fonctionnaires et des journalistes chiens de garde du système. Il passa en premier par L’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po), puis ayant réussi le concours d’entrée à l’ENA, il sortit diplômé de cette dernière (2005). La voie étant déjà toute tracée, il fut nommé rapporteur de la 10e sous-section, responsable du centre de documentation et des recherches juridiques, puis rapporteur public (2012). Il passa ensuite à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), nommé directeur des affaires juridiques, internationales et de l’expertise, pour devenir le secrétaire général de l’institution au commencement de la Macronie (2017).
Un zélé serviteur de la Macronie. Il fut nommé directeur de cabinet de François Bayrou, alors Garde des Sceaux (mai 2017), mais après deux mois, il passa au poste de directeur général des ressources humaines du Ministère de l’Éducation nationale (2017-2019). De cette expérience, sans jamais avoir été enseignant, à quelque niveau d’enseignement que ce soit, il fut pourtant bombardé directeur général de l’enseignement scolaire (Dgesco), une position stratégique dans le ministère, car chargé de l’élaboration des programmes de l’enseignement, dans les écoles, les collèges et les lycées. C’est un poste stratégique car c’est ici que se décident les propagandes à ajouter, les pans de l’enseignement à retirer, les manipulations à orchestrer visant la jeunesse (2017-2022). Ce maître propagandiste des cervelles juvéniles, travailla en collaboration directe avec Jean-Michel Blanquer (2017-2022) et avec Gabriel Attal (2023-2024). La suite logique fut sa nomination comme Ministre de l’Éducation nationale (12 octobre 2025).



Un cadavre dans le placard d’Édouard Geffray. Sa carrière fut entachée de plusieurs scandales, dont le plus grave fut l’affaire Christine Renon (2019). Cette directrice d’école à Pantin, en Seine-Saint-Denis se suicida dans son établissement (21 septembre 2019), en laissant une lettre qui dénonçait les impensables conditions de travail de sa profession. Son corps ne fut retrouvé que deux jours plus tard, provoquant une vaste émotion dans le corps enseignant. Le journal Mediapart signala les propos du directeur général de l’enseignement scolaire, Édouard Geffray : « comparant ce suicide à un banal accident de service : cette jurisprudence s’applique à n’importe quel accident, par exemple si je tombe dans l’escalier ». Les propos dégradants, méprisants et cyniques choquèrent profondément le corps enseignant, en première ligne d’une machine folle qui fonctionne mal depuis déjà bien longtemps. Il fut dénoncé par les syndicats, mais l’affaire se dissipa dans les méandres des frais divers.
La dualité de l’enseignement du privé et du public. C’est toujours Mediapart qui révéla que les cinq enfants du nouveau ministre avaient été scolarisés dans l’enseignement privé et que sa compagne était une enseignante dans un lycée catholique du privé, dans le Val-d’Oise. L’offensive du journal était grotesque, car pour des raisons de liberté et du choix, la France républicaine et laïque avait choisi, suite à la séparation de l’Église et de l’État (1905), un double enseignement validé par la République et les institutions républicaines. Le vrai problème était peut-être que nommé à la tête de l’enseignement public, l’homme ne faisait pas confiance à ce dernier, au point d’envoyer tous ses enfants dans des écoles privées. Cette polémique est aussi liée à celui de l’argent, car les écoles privées sont évidemment payantes, ce qui a créé une situation en contradiction avec la devise républicaine, notamment l’Égalité. Les familles fortunées ou aisées peuvent en effet par leurs moyens, s’offrir ces écoles, où une frange favorisée de la population française rassemble ses enfants. Le phénomène est ancien et connu, défrayant la chronique. L’enseignement du public traîne en effet, pour une grande part des établissements, une réputation moindre et parfois entachée. Dans le même temps, on observe de longue date un phénomène de « Rotary Club » : la progéniture d’une bourgeoisie possédante, tenant fermement le pouvoir économique, local, national et politique tient à ce que ses enfants ne fréquentent pas « la populace » des enfants « des sans-dents », ou pire dans leur esprit… de l’immigration.



Un petit soldat de l’imposition de l’idéologie LGBT. La polémique n’a pas éclaté sur ce sujet, mais à propos d’une opposition et interdiction d’une prière chrétienne dans les établissements… catholiques (4 novembre 2025). Cette offensive inutile a ravivé les combats anciens autour de la laïcité, revenant toutefois régulièrement sur le devant de la scène. L’essence même d’une école catholique… c’est justement d’être catholique ! Une forte opposition du corps enseignant de ces écoles est apparue, provoquant, fait très rare de nos jours, l’intervention de Guillaume Prévost, secrétaire national de l’Enseignement catholique. Il déclarait : « Il faut redonner clairement le droit à une enseignante de faire une prière le matin avec ses élèves, parce que c’est le cœur du projet catholique ». Le ministre étant en train de ré-allumer « une guerre de religion », n’aura toutefois pas donné d’interdiction du même genre, dans les écoles hébraïques ou musulmanes, s’appuyant sur le communautarisme et la division religieuse. Pire encore, le ministre a exigé dixit : « l’application des nouveaux programmes d’éducation à la sexualité », programmes dénoncés de toutes parts, et intégrant une propagande LGBT mortifère et dévastatrice pour la jeunesse.
Le ministre de l’école pédophile… En mars 2026, le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire a reçut une lettre d’un collectif de 770 parents d’élèves dénonçant des violences sexuelles dans des écoles, des agressions ou des viols commis par des agents périscolaires sur des enfants. Le 1er avril 2026, en retard de nombreuses années par rapport à d’autres pays, le ministre a annoncé la création : « d’un Défenseur des droits des enfants » dans l’Éducation nationale. Le Parquet de Paris avait été saisi déjà de 15 affaires pour des viols et agressions sexuelles sur des mineurs dans des écoles maternelles de la région. Peu de choses en effet avait été faites pour la lutte contre la pédocriminalité dans une institution très sensible, dont Édouard Geffray est le patron. Débordé, le ministre a annoncé dans le média de propagande France Info: « qu’il souhaite conditionner les subventions dans le périscolaire à des formations sur les violences sexuelles » (4 avril 2026). Car fait scandaleux l’Éducation nationale a de longue date capitulé pour laisser la gestion de cette thématique : « à une centaine d’associations participant au service public de l’éducation bénéficiant de subventions chaque année ». Dans un système de sous-traitance scandaleux, mais qui n’est pas que l’adage de l’Éducation nationale, le ministre finalement avouait l’incurie de tout un système. Pour enrayer la polémique, le ministre a annoncé : « que dans les deux mois qui viennent, la formation sur la prévention des violences faites aux mineurs serait généralisée aux 14 000 animateurs de la ville ».



Suppression massive de postes et crise du recrutement. Mais le ministre est aussi accusé de trancher dans les effectifs, alors que ces derniers ont déjà été éclaircis dangereusement dans les trois dernières décennies. La multiplication des contrats au rabais, CDD, agents contractuels, la destruction du statut des surveillants (déjà ancienne) ont déjà ravagé une profession en crise. Elle ne fait plus rêver grand monde aujourd’hui, ayant été pourtant prestigieuse et respectée. Traversée par des conflits internes divers, liés à l’état de la société, au communautarisme d’État, le ministre semble poursuivre ce cheminement, tout en faisant de son cheval de bataille et priorité « l’éducation sexuelle », mais en ayant oublié de lutter… contre les agressions sexuelles dans l’Éducation nationale… un comble.
Alors Édouard Geffray compétent dans son ministère ? Assurément un technocrate talentueux, un carriériste habile ayant louvoyé jusqu’à atteindre les sommets du pouvoir. Le bon sens devrait commander que lorsque l’on ne connaît rien aux finances et à la banque, on ne devient pas banquier. Il en va de même pour toutes les professions et fonctions. Mais pour être Ministre de l’Éducation nationale en France… au diable la varice : bureaucrates, clients et technocrates occupent les places et n’ont pas l’intention de s’effacer, ni devant la compétence, ni devant le mérite, encore moins devant l’évidence… Tout le régime résumé en somme en quelques lignes.
