La rubrique dans les couloirs des chiens de garde du journalisme a pour but de présenter des biographies de l’écosystème du « journalisme français ». En 1995, Serge Halimi du journal Le Monde Diplomatique dénonçait le scandaleux système dans son Les Nouveaux Chiens de garde », décrivant comment le pouvoir contrôlait l’information et le journalisme, l’étranglant et supprimant la plupart des standards de possibilité de l’indépendance nécessaire dans toute démocratie, de la liberté effective de la presse. En usant des biographies, via la prosopographie, l’étude de masse des biographies, on peut comprendre comment le système fonctionne et pourquoi Serge Halimi avait plus que raison. Depuis les années 90, la situation hélas s’est grandement aggravée, au point qu’il est urgent que l’opinion publique connaisse la vérité. En général, les simples citoyens ne connaissent pas les coulisses du journalisme, ne savent pas qui sont ceux qui sont censés les informer et qui en fait les désinforment, quant ils ne diffusent pas de fausses nouvelles ou ne servent pas la guerre psychologique et cognitive qui est menée contre la population française.
Aujourd’hui nous parlerons d’un milieu très actif dans la désinformation, une avant-garde par ailleurs des idéologies anglo-saxonnes importées Outre-Atlantique, de l’européisme et d’autres sous idéologies, parfois mortifères. Je veux parler des milieux universitaires ou des produits de l’université. Ils peuvent par ailleurs être passés par diverses universités dans le monde occidental et souvent anglo-saxon. En 2009, au commencement de ma maîtrise à l’Université de Besançon, devant un choix restreint de matières et d’UC à choisir pour mon année universitaire, je pris sans savoir de quoi il s’agissait « le Gender ». Je ne fus pas déçu, mais ne compris la manipulation qu’après 2012. Les universités sont des têtes de pont, d’où partent des « idées de progrès » et sont occupées par des défenseurs tenaces et féroces du système. Ce milieu est endogame, pratique le népotisme et personne n’obtient un poste temporaire ou ferme dans une université française sans un support et de solides parrainages. Certains sont passés dans le privé, le consulting et le journalisme. Voici le cas de Pascal Avot, dans l’article de l’Aurore Nouvelle :
Mais qui est Pascal Avot ? Il naquit à la fin des années 50 et fit des études supérieures, obtenant une licence de philosophie à l’Université de la Sorbonne (1980). Il fonda le cabinet Avot Consulting (1983), un évident trait de caractère narcissique l’ayant contraint à intégrer son nom dans celui de son entreprise ! L’homme est consultant et conseiller en campagnes publicitaires, et stratégies de communication « concepteur de campagnes et détecteur de tendances, il intervient pour des marques internationales et des sujets humanitaires […], il consacre son temps libre à l’étude de l’idéologie totalitaire ». Ses domaines de prédilection étaient la communication grand public, les relations avec la presse, la communication interne et la gestion de crise.
Cependant, il glissa rapidement vers le journalisme et les médias, devenant une plume discrète de nombreuses plateformes. L’un de ses médias phares fut Contrepoints, mais il publia dans une foule de journaux : L’important, Le Causeur, L’IREF, Libération, le Quotidien de Paris, Citizen K, Politique Magazine, etc.
Il se lança dans une campagne d’affichage nationale pour supporter la guerre américaine en Afghanistan, dénommée « En Afghanistan, 100 % des femmes sont portées disparues » (début des années 2000). Relativement invisible dans les faits, il semble être surtout un éternel pigiste, se mettant au service de ceux qui payent.


Ses engagements politiques et ses engagements se plaçait à droite, dan le camp libéral. Il fit des critiques envers : « l’échec et la timidité des libéraux français, prônant une stratégie de combat beaucoup plus frontale, il fallait changer d’armes, de cibles et de stratégies, face à l’emprise du socialisme en France ». Extrémiste radical, il prônait la démolition du socialisme, au profit du libéralisme, mais théorisait le fait que plutôt que d’expliquer ses positions, il fallait attaquer de front le socialisme et dixit : « le démolir, le détruire et l’anéantir, en déprogrammant l’idéologie socialiste avant de pouvoir proposer une alternative ».
Il affirmait que pour arriver à ce résultat, il fallait une connaissance approfondie du socialisme, par une expérience personnelle, en affirmant étrangement être lui-même de gauche et par l’étude approfondie des textes fondateurs, notamment ceux de Lénine ou de Staline, faisant ici une confusion majeure sur les réels textes fondateurs du socialisme, bien antérieurs à ceux des deux chefs soviétiques. En parallèle il écorchait régulièrement son propre camp, tout en rejetant : « les querelles stériles, inutiles et toxiques » de la sphère libérale, tournant en dérision les étiquettes de « libertarien », ou de « minarchiste ».
Il fit un curieux virage russophobe et fut bientôt une plume de l’anti Russie, particulièrement agressive, raciste et violente. Il publia des fausses nouvelles reprises de la guerre psychologique et cognitive et publia notamment un énorme fake : « Pour 300 000 mobilisés, près d’un million se sont enfuis » (automne 2022). Cet article délirant ne reposait évidemment sur rien, juste une fausse nouvelle parmi des centaines d’autres publiées en Occident. L’énormité de ses affirmations ne fut pas repris par les grands médias, car le mensonge avait tout de même des limites. Pour se défendre, il affirma être déjà venu en Russie, mais probablement il y a fort longtemps.
Le ridicule ne l’ayant pas tué, il récidiva après avoir été recruté par le faux média de guerre psychologique Desk Russie, de Galia Ackermann. Il fut l’auteur d’un article à la russophobie rampante, où le personnage indiquait que la Russie mentait depuis des siècles : « La Russie tsariste mentait » (décembre 2022). Il s’égara ensuite sur cette histoire de la Russie « le pays des menteurs », en dévissant totalement sur des concepts de races et de génétique. Il se déshonora dans de nouveaux articles, comme « Le rat ou le Testament de Vladimir Poutine », ou « Le mal que nous fait le poutinisme ».
Il fit ensuite l’apologie des mercenaires français en Ukraine (2023). Dans cet article il se transforma même en racoleur et en collecteur de fonds pour les mercenaires et l’armée ukrainienne. Il disparut pendant un moment, avant de réapparaître fin 2025, publiant deux nouveaux articles, notamment en se plaçant derrière l’association Memorial (interdite en Fédération de Russie pour l’extrémisme, le révisionnisme et négationnisme historiques et les financements venant d’organismes et institutions étrangères à des fins de déstabilisation du pays).
Son fonds de commerce semble être désormais seulement le conflit ukrainien et ses activités de consulting. Il est le profil classique de toute une génération d’intellectuels, qui étaient des ennemis de l’URSS et qui n’ont pas compris et vu les changements, s’imaginant voir une continuation de l’Union soviétique avec la Fédération de Russie. Ne parlant pas les langues des anciennes républiques, comme le russe, le biélorusse ou l’ukrainien, n’ayant pas passé de longs séjours dans les pays concernés, ils sont restés collés à des standards anachroniques, éculés et décalés qui ne représentent plus la Russie et ont été balayés ou ont disparu de longue date. La dérive intellectuelle et une farouche haine du socialisme, figeant dans leur esprit Lénine et Staline, pourtant morts depuis plus d’un siècle et plus de 70 ans, comme « vivants » et les guides spirituels.
Cette erreur colossale les placent sur le plan idéologique, ou les faits, les événements historiques, le concret et le présent, sont remplacés par des réalités virtuelles fantasmées, ou qui étaient des standards d’époques révolues. Ils sont à la fois atteint par le passéisme, mais également par un phénomène bien connu : la croyance. La croyance empêche de voir les faits lucidement, la tentation d’éliminer tous ceux qui n’entrent pas dans ladite croyance, ou de prendre ceux qui peuvent valider ou consolider leurs propos. La vérité n’a pas réellement d’importance, la croyance ayant pour but de construire des chemins simplistes : les méchants, les gentils, le blanc, le noir et des constructions intellectuelles fragiles, parfois tirées par les cheveux ou découlant d’une idéologie s’appuyant sur le virtuel, la propagande. L’important est alors surtout de définir l’Humanité en deux camps : ceux dans le vrai et les autres… C’est la raison d’une construction psychologique également agressive, où défendre ses idées n’a pas d’intérêts, mais détruire celles des autres est la norme… A force d’avoir étudié Staline, Pascal Avot sera devenu son fils… (Je suis ton père Pascal !), tandis que l’homme d’acier n’est plus que dans les corridors de l’histoire en Russie.
