La rubrique dans les couloirs des chiens de garde du journalisme a pour but de présenter des biographies de l’écosystème du « journalisme français ». En 1995, Serge Halimi du journal Le Monde dénonçait le scandaleux système dans son Les Nouveaux Chiens de garde », décrivant comment le pouvoir contrôlait l’information et le journalisme, l’étranglant et supprimant la plupart des standards de possibilité de l’indépendance nécessaire dans toute démocratie, de la liberté effective de la presse. En usant des biographies, via la prosopographie, l’étude de masse des biographies, on peut comprendre comment le système fonctionne et pourquoi Serge Halimi avait plus que raison. Depuis les années 90, la situation hélas s’est grandement aggravée, au point qu’il est urgent que l’opinion publique connaisse la vérité. En général, les simples citoyens ne connaissent pas les coulisses du journalisme, ne savent pas qui sont ceux qui sont censés les informer et qui en fait les désinforment, quant ils ne diffusent pas de fausses nouvelles ou ne servent pas la guerre psychologique et cognitive qui est menée contre la population française.

Jean-Marc Adolphe (31 août 1958-), originaire de Saint-Aignan, Loir-et-Cher, France, pur produit des écoles de journalisme, il fit des études de journalisme à Tours, puis travailla pour plusieurs journaux, dont le Journal de Montpellier (1981), l’hebdomadaire Sud, puis l’Écho des Garrigues.
Cependant, dans le même temps, il fonda le magazine culturel Strapontin, et cofonda le café-concert Sax Aphone, à Montpellier. Il y a organisa le festival Les Nuits de Barcelone, invitant la chanteuse Björk. Il se passionna pour la danse contemporaine, rencontrant les chorégraphes Jackie Taffanel et Dominique Bagouet, pour finalement fonder la revue Pour la Danse, puis devenir le chef de la rubrique « danse » au journal l’Humanité (1985-1991). Il fut directeur artistique de l’Espace Kiron à Paris (1986-1988), fondant ensuite les éditions Bougé, pour publier des ouvrages sur la danse (1987), et les éditions du Mouvement, avec la revue éponyme, dont il resta le rédacteur en chef (1993-2014).
Il se faufila dans le milieu artistique, programmateur et conseiller artistique, notamment pour le festival Danse à Aix (1987-1988), pour le Festival Internacional de teatro de Granada (1988-1991), puis marqua des points au théâtre de la Bastille, à Paris (1994-2002), introduisant des artistes émergents, comme Meg Stuart, Alain Platel, Jérôme Bel et Wayne McGregor. Il dirigea 5 éditions du projet SKITE, un laboratoire de recherche et d’expérimentations artistiques itinérant, à Paris, Lisbonne, Porto ou Caen (1992-2010). Il monta encore en puissance donnant des spectacles au théâtre de la Ville de Paris.
Lié à la gauche et notamment au Parti Socialiste, Adolphe vota constamment socialiste de son propre aveu, en particulier pour Mitterrand (1981), Jospin (1995 et 2002), Ségolène Royal (2007) et Hollande (2012). Il ne vira pas « sa cuti » en 2017 et qualifia Macron « de l’enflure », en lettres majuscules. A partir de ces années, le ton de sa plume commença à ressembler de plus en plus au Père Duchesne ou à Rivarol, contrastant avec l’homme de la bonne bourgeoisie française qu’il était, défendant le pauvre, mais surtout de loin, dans son petit confort égoïste et individualiste.
En 2021-2022, il fit un virage complet, devenant un propagandiste d’une russophobie rare, avec une plume véhémente et haineuse, mettant à terre toute sa précédente carrière artistique. Il fonda un site de propagande en ligne Les Humanités (2021), étant aussi une plume constante de l’anti-Russie, par exemple dans les lignes de Mediapart, une plateforme « indépendante » mais ayant très souvent le petit doigt sur la couture de l’uniforme. Il s’énervait sur les « compromissions de la gauche avec la Russie », dans une rhétorique guerrière et avec un langage très dur, frisant le racisme.
Il s’enfonça dans la haine au point d’écrire des articles reprenant des fausses nouvelles. Soudainement possédé, il dénonçait en France, les artistes et les milieux culturels liés à la Russie, écrivant l’article « La Guerre en Nous », ou encore « Le cas des bébés enlevés à Kherson et transférés vers la Russie ». Ce dernier article mensonger, illustré d’une photo sans rapport, mais plongeant dans les pires délires occidentaux sur la Russie, selon également une mauvaise foi terrible, ne traitait que d’un fait divers non connecté au titre de l’article : un orphelinat en Crimée où les enfants auraient été maltraités. L’article par ailleurs confus et brouillon plongeait dans le caniveau infernal de la propagande ukrainienne de guerre : « les Russes maltraitent les enfants, les Russes enlèvent des enfants ».
Par contre même en cherchant, vous ne trouverez par d’article d’Adolphe (le bien nommé), sur les déportations d’enfants du Donbass vers l’Ukraine, ordonnées par le gouvernement de Kiev durant le printemps et l’été 2014. J’écrivais dès février 2016, un article relatant l’enlèvement à leurs parents du Donbass par l’Ukraine de 391 enfants… Il ne serait pas très difficile à n’importe quel auteur russe, de trouver en France des scandales à propos de la maltraitance des enfants en France… pour ensuite faire un article où les Français seraient d’abominables croquemitaines. Par ailleurs, les déportations qu’inventent Adolphe par les Russes, nous savons de quoi il retourne : de la basse propagande ukrainienne. Le « journaliste » Nicolas Quénel affirmait également que les Russes auraient tué 100 000 civils, rien qu’à Marioupol… Comme lui, Adolphe n’aura évidemment pas fait d’enquêtes sur le terrain et ne parle aucune des langues lui permettant de toute façon de le faire.
Dans ce crépuscule d’une carrière souillée, il s’improvisait dernièrement « journaliste d’investigation », montant une chaîne YouTube, où il militait : « pour une journaliste du XXIe siècle »… « pour aller de l’avant » (novembre 2025). En avant dans la haine la plus sinistre.
