Dans les couloirs des chiens de garde du journalisme : Antoine Arjakovsky

Dans les couloirs des chiens de garde du journalisme : Antoine Arjakovsky

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La rubrique dans les couloirs des chiens de garde du journalisme a pour but de présenter des biographies de l’écosystème du « journalisme français ». En 1995, Serge Halimi du journal Le Monde Diplomatique dénonçait le scandaleux système dans son Les Nouveaux Chiens de garde, décrivant comment le pouvoir contrôlait l’information et le journalisme, l’étranglant et supprimant la plupart des standards de possibilité de l’indépendance nécessaire dans toute démocratie, de la liberté effective de la presse. En usant des biographies, via la prosopographie, l’étude de masse des biographies, on peut comprendre comment le système fonctionne et pourquoi Serge Halimi avait plus que raison. Depuis les années 90, la situation hélas s’est grandement aggravée, au point qu’il est urgent que l’opinion publique connaisse la vérité. En général, les simples citoyens ne connaissent pas les coulisses du journalisme, ne savent pas qui sont ceux qui sont censés les informer et qui en fait les désinforment, quant ils ne diffusent pas de fausses nouvelles ou ne servent pas la guerre psychologique et cognitive qui est menée contre la population française.

Aujourd’hui j’aborderai le cas d’Antoine Ariakovsky, un cas particulier dans le contexte d’un soutien inconditionnel du régime français à l’Ukraine. L’homme est devenu un « expert de plateau », faisant au départ une longue carrière universitaire dans les rangs du MAE et des institutions universitaires françaises en Russie ou en Ukraine. Il est l’un des participants à la guerre de religion menée par les uniates et le Patriarcat de Kiev contre celui de Moscou et au milieu des mots « paix » ou de la « compréhension mutuelle de la Russie et l’Ukraine », n’a cessé de jeter de l’huile sur le feu… Il a notamment prononcé des propos racistes, punis par la loi en France, qualifia le peuple russe de « Barbares »… Aucune institution de lutte contre le racisme n’a réagit. Partisan de la censure et des répressions, il réclamait l’interdiction de RT… dès 2017 et est apparu dans diverses structures de la guerre cognitive, comme vous le découvrirez dans l’Aurore Nouvelle :

Mais qui est Antoine Arjakovsky ? Il naquit le 5 octobre 1966, à Paris, affirmant être : « un descendant d’Ukrainiens qui s’étaient installés en Crimée avant la Révolution russe ». Le fait est possible, mais la probabilité que ces ancêtres, soit partiellement ou majoritairement Russes est grande… Cependant pour des raisons de déni et idéologiques, il est resté à ce jour collé à cette version.

Il fit des études supérieures pour devenir diplomate, fonctionnaire du MAE français (1989-2004), il occupa plusieurs postes, notamment celui de Directeur du Collège universitaire français de Moscou (1994-1998), puis passa à celui de Directeur adjoint de l’Institut français d’Ukraine (1998-2004). Il soutint une thèse de doctorat à l’École des hautes études en sciences sociales, l’EHESS, sur : « la génération des penseurs religieux de l’émigration russe, la Revue de La Voie, 1925-1940 » (2000).

Dans le même temps, il s’afficha bientôt comme très proche des catholiques uniates, ne tardant pas à s’engager dans la guerre de religion double menée par les bandéristes ukrainiens du Patriarcat de Kiev et les gréco-catholiques uniates, contre le Patriarcat de Moscou. Il fut codirecteur du pôle Politique et Religions du collège des Bernardins de Paris, au Centre intellectuel du diocèse de Paris. Il fut ensuite le fondateur d’un Institut d’études œcuméniques au sein de l’Université catholique ukrainienne (2004), directeur d’un département de recherche du Collège des Bernadins (2011). Il s’affirme « orthodoxe ».

Il fut primé dans le Sénat français du prix Grégoire-Orlyk, pour son livre Russie-Ukraine : de la guerre à la paix ?, remis par le sénateur Hervé Maurey, un lobbyiste ukrainien, président du groupe Amitié France-Ukraine au Sénat, qui fit des voyages en Ukraine et alla même serrer la main de Gonratchenko, un député du Conseil régional d’Odessa et l’un des participants au massacre d’Odessa (2 mai 2014).

Il signa une tribune pour le 70e anniversaire du rattachement de l’Église grecque-catholique ukrainienne à Rome (2016). Il fut un intervenant régulier du média d’infiltration et de propagande américain, Ukraine Crisis media Center, un faux média financé par de l’argent occulte et dirigé en sous-main par des centres de la guerre cognitive, américain et ukrainien. Il avait été épinglé dans les lignes de l’agence Donbass Insider, de la Française et reportrice de guerre, Christelle Néant. Il fut encore le Directeur du département de recherche d’Ukraine à l’Institut chrétiens d’Orient à Paris (2023 à nos jours).

Il fut l’une des personnalités françaises, qui avec Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel en France (entre 2013 et 2019), socialiste de la gauche Caviar, proche de Lionel Jospin, rallié à Macron, et qui est aujourd’hui membre du Conseil supérieur de la magistrature (2019 à nos jours), signa une lettre ouverte demandant l’interdiction de la chaîne TV RT France qui « sème la discorde et affaiblit la démocratie, le lancement de RT France entraînera une confusion dans les esprits et la désunion entre Français » (décembre 2017).

De cette date, il fut régulièrement mis en scène dans divers médias étatiques de propagande d’état de la France, relayant une propagande ukrainienne non vérifiée, en particulier sur France Info. Il déclara que la « La situation est tragique, l’état russe en cours de construction est un état mafieux, pas un état de droit du tout. Ses élections ne sont pas de vraies élections, c’est une illusion, pas une vraie démocratie » (2018). Ses vœux furent exaucés avec l’interdiction des médias russes en France (2022), et une censure à un niveau jamais observé en Europe occidentale, et en France depuis au moins le règne de Napoléon III.

Le « commissaire politique » Arjakovsky fut recruté par le faux média de la guerre psychologique Desk Russie, de Gala Ackermann (2022), suite logique des événements, un « média » aux sources de revenus très douteuses et opaques. Il écrivit alors un livre Pour sortir de la guerre (2023), un essai qui ne cherchait pas des solutions de paix, mais analysait : « les ressorts de l’invasion russe en Ukraine » (2023). Il était aussi membre d’une association et ONG d’infiltration interdite en Russie, l’Association Memorial Moscou, regroupant des opposants, des agents occidentaux, ou agents de la 5e colonne. Officiellement, il indiquait assez comiquement : « avoir eu un engagement constant dans le dialogue entre christianisme orthodoxe et catholique, et pour une compréhension mutuelle entre la Russie et l’Ukraine »… tout en jetant de l’huile sur le feu et participa à plusieurs officines de la guerre psychologique contre la Russie.

Dans un article pour la radio RCF (Radio Chrétiennes Francophones), il fit des déclarations racistes d’un niveau rarement vu, même dans les milieux antirusses les plus scabreux (17 juillet 2023). Il déclarait : « Si les Européens n’adoptent pas une vision personnaliste et communautaire des relations internationales, alors on risque de laisser la plaines aux Barbares, c’est à dire le risque d’abandonner les populations européennes à ceux qui ne pensent qu’à vendre leur gaz et à mettre en difficulté la démocratie européenne ». Un tel narratif, n’avait pas été vu dans un grand média, depuis la Grande Guerre de 14-18, « les boches, les doryphores et les barbares mangeurs d’enfants »… Il affirme contre vents et marées : « être un militant de la paix ». Pas sûr que les « barbares » apprécient les propos et le « militant ».

Aucune association française ou européenne de lutte contre le racisme n’a bougé après ses propos… Il y a le bon chasseur et le mauvais chasseur et le bon racisme et le mauvais racisme… En France, les propos et injures racistes ou provocations en public, sont punis par la loi, pour une peine d’un an d’emprisonnement avec sursis et une amende pouvant aller jusqu’à 45 000 euros. Qualifier le peuple russe de « barbares » est un fait de discrimination, d’incitation à la haine raciale, ou la violence aggravée par le fait que ces propos furent exprimés via à un média. Les médias qui relayent de tels propos sont aussi punissables par la loi, notamment le directeur de publication, comme principal responsable, pour les mêmes condamnations et peines que l’auteur des propos racistes….