Dans les couloirs des chiens de garde du journalisme : Aladine Zaïane

Dans les couloirs des chiens de garde du journalisme : Aladine Zaïane

Facebook
Twitter
WhatsApp

La rubrique dans les couloirs des chiens de garde du journalisme a pour but de présenter des biographies de l’écosystème du « journalisme français ». En 1995, Serge Halimi du journal Le Monde dénonçait le scandaleux système dans son Les Nouveaux Chiens de garde , décrivant comment le pouvoir contrôlait l’information et le journalisme, l’étranglant et supprimant la plupart des standards de possibilité de l’indépendance nécessaire dans toute démocratie, de la liberté effective de la presse. En usant des biographies, via la prosopographie, l’étude de masse des biographies, on peut comprendre comment le système fonctionne et pourquoi Serge Halimi avait plus que raison. Depuis les années 90, la situation hélas s’est grandement aggravée, au point qu’il est urgent que l’opinion publique connaisse la vérité. En général, les simples citoyens ne connaissent pas les coulisses du journalisme, ne savent pas qui sont ceux qui sont censés les informer et qui en fait les désinforment, quant ils ne diffusent pas de fausses nouvelles ou ne servent pas la guerre psychologique et cognitive qui est menée contre la population française.

Aladine Zaïane (?-), originaire de Montreuil, 93, France, il fit des études supérieures en sociologie politique, obtenant une licence, puis s’improvisa journaliste. Il eut des moments difficiles, pour se faire un chemin dans le système, travaillant comme veilleur de nuit ou chauffeur-livreur. Il fonda d’abord Hors-Cadre média (2010), imaginant faire du « journalisme de quartier » et alliant une fibre « banlieue », « rap ou hip-hop ».

Il s’accrocha aux branches et dégota un stage dans un modeste journal d’entreprise, puis une formation avec l’association regards2banlieue. Il fut rapidement mis en difficulté et pris en flagrant délit de non vérification de ses sources (2010). Au départ avec de bonnes intentions, il affirmait que le journaliste devait avoir « une sensibilité personnelle », un engagement et que le passage dans une école prestigieuse de journalisme comptait moins que les qualités humaines du journaliste. Ces bonnes intentions furent vite jetées aux orties. Il devint un chien de garde du système, rejoignant l’équipe du faux média de la guerre psychologique et cognitive contre les populations, Street Press, financé entre autre fonds douteux, par l’Open Society Foundation de George Soros. Ayant donné des gages et Street Press étant une des antichambres vers les médias du système, il se faufila dans ce dernier, marquant bientôt des points.

Après Street Press, il ouvrit enfin la porte d’un média du système, l’assurance de rester dans le nid, passant dans le média Mouv’, une entité de Radio France, dans l’émission Dans l’Ombre de la Cage. Il fut pigiste pour la plateforme américaine VICE, puis dans les mêmes fonctions pour Bondy Blog. Il commença à réaliser des reportages et documentaires, devenant réalisateur. Il vendit ses services à Radio France, média étatique de propagande, coréalisant la série de documentaires Plusieurs vies-La semi liberté de Gamart (2019), financée par TV5MONDE et France Télévisions. Pour jouer sur son parcours au départ difficile, il fonda le podcast Aladine et le magot.

Il se précipita au Maroc (2023), où il fit un gros coup en vendant ses reportages sur le séisme, en suivant une équipe de secouristes espagnols, pour l’un des plus gros journaux américains, le New York Times. Il est resté jusqu’à ce jour un employé de Radio France, passant à la station radio France Culture, dans des podcasts, tels Les Pieds sur terre (2026). Avec l’un des plus faibles diplôme du supérieur, Zaiane est un pur produit des modestes banlieues et de la France migrante. Le système a besoin de supplétifs comme lui, afin d’en pousser quelques-uns dans des carrières. Ils deviennent alors l’exemple, le faire-valoir. Il est souvent facile pour le système des chiens de garde dénoncé par Serge Halimi, dès 1995, de recruter des « morts de faim » comme Zaiane. Les idées de journalisme indépendant, engagé, proche des quartiers se sont vite envolées, pour signer d’abord dans une officine de la guerre psychologique, puis carrément dans les médias étatiques de propagande de l’État français.

L’exemple du suivi du séisme au Maroc montre aussi que l’homme est un incroyable opportuniste. L’appât d’une grosse pige l’aura propulsé soudainement vers un sujet totalement éloigné de ses centres d’intérêts. Ses sujets de prédilection sont en effet selon ses propres paroles, la délinquance, la prison, la réinsertion, la pratique religieuse au travail, les quartiers des banlieues et la « complexité de la société ». Toujours à l’affût d’un petit billet, il a également un espace internet, où il se présente comme « journaliste reporter d’images », indiquant : «  qu’il couvre l’actualité générale pour les réseaux sociaux » de FranceInfo (depuis 2023), là encore officine de propagande du pouvoir français.