J’inaugure une nouvelle rubrique, à l’instar de celle visant « les chiens de garde » du journalisme, mais qui concernera la corruption des milieux politiques, les élites politiques, les politiciens professionnels. Le propos n’est pas d’attaquer une ou plusieurs formations politiques, mais de les attaquer toutes, à travers les biographies des politiciens corrompus, oligarques, barons locaux et tout l’aréopage politicien de France et de Navarre. C’est un mal qui ronge la République française de longue date. Mais on assiste à une accélération du phénomène. Les affaires explosèrent sous la présidence de François Mitterrand, puis se multiplièrent par la suite sous les autres présidences jusqu’à celle d’Emmanuel Macron. Depuis son arrivée, le phénomène a explosé, montrant une corruption massive des milieux politiques, à l’exemple des plus coupables se trouvant aux plus hautes places de l’État français, jusqu’aux occupants de l’Élysée. Mon propos sera de balayer toute la période de la présidence de Giscard d’Estaing, jusqu’à nos jours, soit un demi-siècle de corruption désormais devenue endémique.
Aujourd’hui nous parlerons d’une affaire déjà ancienne, mais dont le dénouement est en cours, dix ans après son éclatement. Il s’agit de l’affaire des assistants parlementaires du RN, qui a fait couler beaucoup d’encre et dont les faits se sont déroulés entre 2004 et 2016. Elle montre que ce que j’appelle « les partis fromagistes », sont effectivement tous concernés. Lors de leur accession à ce cercle fermé, la tentation est forte, tant la République française est malade. Ce grand corps malade, rend possible tous les abus, faute d’un pouvoir qui donne l’exemple, de chefs d’État de grande envergure, et dans les zones d’ombres permettant toutes les compromissions et corruptions. Voici donc l’Affaire des attachés parlementaires RN, dans cet article de l’Aurore Nouvelle :
Les origines de l’Affaire des attachés parlementaires du RN. C’est une simple de lettre de dénonciation, qui en soit est aussi anormale, dans un pays où l’ambiance « France de Vichy » était déjà prégnante, mais a explosé depuis la période du Covid et l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. En 2013, je publiais d’ailleurs sur un blog, un article sur une « plateforme de collaboration participative » des Jeunes du Parti Socialiste, qui appelaient à dénoncer… les homophobes. Intéressant concept que la collaboration et celle de la gauche durant l’occupation allemande ! La lettre fut envoyée au début de 2014, dans le contexte de la présidence de François Hollande, PS justement et que le Front National faisait peur depuis l’arrivée au second tour de Jean-Marie Le Pen (2002). Sa fille Marine Le Pen était plus redoutée encore, alors que depuis cette date, le second tour des présidentielles avaient vu s’affronter les partis fromagistes de la droite libérale « globaliste » et de la gauche Caviar (2007 et 2012). Cette lettre anonyme fut envoyée à l’Office européen de la lutte antifraude (OLAF). Elle dénonçait un système corrompu, à propos des assistants parlementaires des députés FN au Parlement européen. Le président du parlement constatant effectivement que 20 des 24 assistants parlementaires des députés FN étaient dans l’organigramme du parti. L’enquête fut lancée en mars 2015, confiée à deux juges d’instruction parisiens (à la fin de 2016).
Le système des assistants parlementaires RN. Entre 2004 et 2016, le système consistait à utiliser des enveloppes budgétaires allouées par le Parlement européen (soit 23 000 euros par mois et par député), pour rémunérer des personnes qui travaillaient en réalité pour le compte du Parti Front National et non pour des tâches parlementaires européennes. Il fut mis en exergue que le système permettait de renflouer les caisses du Front National, de longue date dans des difficultés financières épineuses, l’ayant obligé à vendre son siège « du Paquebot », à Saint-Cloud (2011). La procédure traîna en longueur, pour des raisons d’ailleurs obscures, mais finalement 25 personnes furent condamnées en première instance. Parmi elles, les députés européens Marine Le Pen, Louis Aliot, Bruno Gollnisch, Nicolas Bay, Julien Odoul, Wallerand de Saint-Just et Fernand Le Rachinel. Pour les assistants parlementaires, les condamnés furent Catherine Griset, Timothée Houssin, Guillaume L’Huillier, Jeanne Pavard et d’autres encore. Enfin, l’expert comptable et cadre du parti, Nicolas Crochet fut condamné. Jean-Marie Le Pen avait été lui aussi mis en cause, mais son décès le 7 janvier 2025, éteignit les poursuites judiciaires contre lui. Notez que Jordan Bardella, bien qu’assistant parlementaire durant la période « du système » (2015), ne fut jamais inquiété, ni poursuivi malgré des soupçons appuyés et ceux de la production de fausses preuves. Le préjudice en argent du système des assistants parlementaires RN fut estimé par le tribunal à la somme coquette de 4,6 à 6,8 millions d’euros, les accusations portant aussi sur des emplois fictifs.
Les condamnations en première instance. Le procès en première instance se déroula à la fin de 2024, pour des condamnations prononcées, le 31 mars 2025. Il fut massivement mis en scène par les médias publics, le régime d’Emmanuel Macron ayant intérêt à discréditer le RN, devenu un ennemi politique solide et redouté, mais également souhaité. En effet, les duels d’Emmanuel Macron contre Marine Le Pen, avaient tous mené à une large et nette victoire de la Macronie, assurée de la victoire dès lors que le FN/RN se retrouvait face à elle. Cependant, glisser des savonnettes sous les pieds de cet adversaire politique, ne mangeait pas de pain, en plus du bénéfice d’être assuré de le maintenir dans des proportions d’influence raisonnables. Devenu l’un des partis « fromagistes », surtout à partir des élections de 2017 et 2022, le RN avait considérablement renforcé ses positions politiques, avec une transformation longue, mais historique du parti, en formation politique presque « classique ». Marine Le Pen fut condamnée à 4 ans, dont 2 ans ferme mais avec aménagement sous bracelet électronique, pour lui éviter d’être entre 4 murs avec « la piétaille ». Louis Aliot fut condamné à 18 mois de prison, dont 6 mois ferme, Bruno Gollnisch à 3 ans, dont 1 an ferme, Wallerand de Saint-Just à la même peine, Nicolas Bay à 1 ans de prison dont 6 mois ferme, Julien Odoul à 8 mois avec sursis et enfin Catherine Griset à 1 an sans sursis.
Le procès en appel. Il se déroula entre le 13 janvier et le 12 février 2026, événement politique en France d’importance, car l’année 2026 était aussi celle des Municipales, revenant une importance capitale, du moins importante que d’habitude. Le parquet requerra les mêmes peines, avec pour Marine Le Pen, 4 ans de prison, dont 1 an ferme, 5 ans inéligibilité, une amende de 100 000 euros e et la confirmation de toutes les autres peines pour les autres condamnés. Le parquet indiquait : « que l’instigatrice du système était Marine Le Pen, à la suite de son père, système ayant permis pour le compte du parti, de détourner 1,4 million d’euros ». Le délibéré ne sera rendu que dans l’été 2026, alors que la confirmation des peines pourrait éliminer la candidature de Marine Le Pen, pour la présidentielle de 2027.
Ce n’était pas le sujet, mais de longue date le Parlement européen a permis des systèmes de corruption, qui n’ont pas tous été dévoilés et concernent de nombreux partis, non seulement de France, mais de tous les pays européens. L’histoire peut-être fera ressortir d’autres affaires, mais cela ne sera possible que par le courage de témoins, ou le désir de glisser d’autres savonnettes, par des factions agissant dans l’ombre et aux intérêts électoralistes souterrains. La chute de l’Union européenne fera peut-être parler des archives, si elles survivent, mais ceci est une autre histoire !
