J’inaugure une nouvelle rubrique, à l’instar de celle visant « les chiens de garde » du journalisme, mais qui concernera la corruption des milieux politiques, les élites politiques, les politiciens professionnels. Le propos n’est pas d’attaquer une ou plusieurs formations politiques, mais de les attaquer toutes, à travers les biographies des politiciens corrompus, oligarques, barons locaux et tout l’aréopage politicien de France et de Navarre. C’est un mal qui ronge la République française de longue date. Mais on assiste à une accélération du phénomène. Les affaires explosèrent sous la présidence de François Mitterrand, puis se multiplièrent par la suite sous les autres présidences jusqu’à celle d’Emmanuel Macron. Depuis son arrivée, le phénomène a explosé, montrant une corruption massive des milieux politiques, à l’exemple des plus coupables se trouvant aux plus hautes places de l’État français, jusqu’aux occupants de l’Élysée. Mon propos sera de balayer toute la période de la présidence de Giscard d’Estaing, jusqu’à nos jours, soit un demi-siècle de corruption désormais devenue endémique.
Qui est Kader Arif ? Je commencerais par une affaire du passé, mais pas si ancienne, puisque l’homme était encore actif politiquement en 2017. Voici Kader Arif, un apparatchik du Parti Socialiste, l’une des formations politiques françaises parmi les plus corrompues.
Kader Arif (3 juillet 1959-), originaire d’Alger, fils de Harkis, son père prit la fuite d’Algérie avec sa famille et s’installa en France, à Castres, dans le Tarn. Il fit des études supérieures, venant, il faut le rappeler d’une famille pauvre et modeste, par ailleurs analphabète. Il fit des études en communication, à l’École supérieure d’audiovisuel de Toulouse (maîtrise en 1999), jouant un temps comme talonneur, dans le club de rugby de Castres Olympique.
Il devint un cadre dans un cabinet d’architectes, puis dans le tourisme (1992-1998). Il fut l’un des fondateurs d’une association contre le racisme, France Plus (1983), et par ce biais rencontra Lionel Jospin, alors encarté au Parti Socialiste et fut lancé en politique. Il devint son assistant et son chauffeur (1988-1992), avant d’être élu conseiller municipal dans la ville de Castanet-Tolosan (1995-2001), puis secrétaire-général du PS pour la Haute-Garonne (1999-2008). Il entra même au Bureau national du PS, devenant une grosse huile du parti (2000). Il participa à la magouille, comme président de la commission de contrôle du vote du congrès de Reims (2008), qui évinça frauduleusement Ségolène Royal, au profit de Martine Aubry. L’affaire est aujourd’hui documentée, les urnes furent bourrées et le suffrage volé à Royal, qui en connaissance de cause, préféra se taire pour ne pas nuire au parti.


Il fut élu au Parlement européen (2004-2009-2012). Européiste forcené, il militait pour une Europe fédérale et la destruction des États nations. Il démissionna de son mandat, dénonçant une mascarade à propos de l’Accord commercial anti-contrefaçon, l’ACTA (janvier 2012). Mais il fut recyclé par Hollande comme Ministre délégué auprès de la Défense (2012-2014), puis Ministre délégué aux Anciens combattants… sans avoir combattu ! (avril-novembre 2014). Il avait également réussi à se faufiler dans le Palais-Bourbon, élu député à l’Assemblée nationale (2012, puis 2014-2017) pour la Haute-Garonne.
Il démissionna de son ministère, rattrapé pour des faits de corruptions et concussions, avec l’attribution de marchés publics à des proches (dont son frère Aissa Arif, novembre 2014). Mediapart l’avait dénoncé dès 2013, à propos du fait que la société de son frère avait travaillé pour la campagne présidentielle de François Hollande, pour un contrat faramineux de 700 000 euros… Une procédure judiciaire fut lancée contre lui (2015). Il fut contraint à la démission du gouvernement (21 novembre 2014), restant vissé à son siège de l’Assemblée nationale. Toutefois, il ne fut pas reconduit à son siège par les urnes, sa réputation détruite, il avait pourtant tenté de se représenter, faisant un score de 7 ,17 % (2017). Il passa à la trappe, restant au PS, durant l’écrasement et la chute du parti durant les élections de l’année 2017. Il supporta lors de la primaire Vincent Peillon. Il ne rallia pas la vague macroniste, restant fidèle à ses convictions. L’année suivante, il supporta la candidature d’Olivier Faure pour prendre la direction d’un PS moribond (2018).
La procédure judiciaire traîna en longueur, la Cour de Justice de la République ordonna un procès pour son affaire (juin 2018). Il fut jugé par cette cour, condamné à 1 an de prison avec sursis (pour 2 ans requis par le parquet) et 20 000 euros d’amendes, pour attribution de marchés publics, favoritisme et détournements de fonds publics (26 octobre 2022). Son frère fut condamné à 8 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour « recel et favoritisme ». Après sa condamnation, il disparu totalement de l’espace public et médiatique, ne faisant pas appel du jugement et se faisant le plus petit possible.
Il est probable qu’il jouisse simplement de sa retraite, car ses fonctions politiques lui laisse au moins une retraite pour son ancien poste de ministre délégué. Il n’y a pas de grille de retraite pour cette fonction, alignée sur celle de la fonction publique, soit 9 940 euros par mois… Toutefois, par une loi tardive du 1er janvier 2026, les avantages à vie des anciens ministres ont été réduits à une période de 10 ans… ce qui est déjà énorme. Mais l’homme peut compter sur sa retraite comme député… soit environ 2 700 euros, avec une pension de réversion prévue pour les veuves de 684 euros, et enfin de sa retraite et points cumulés dans le secteur privé, et son poste de conseiller municipal… Les choses devraient bien se passer pour lui…
