J’inaugure une nouvelle rubrique, à l’instar de celle visant « les chiens de garde » du journalisme, mais qui concernera la corruption des milieux politiques, les élites politiques, les politiciens professionnels. Le propos n’est pas d’attaquer une ou plusieurs formations politiques, mais de les attaquer toutes, à travers les biographies des politiciens corrompus, oligarques, barons locaux et tout l’aréopage politicien de France et de Navarre. C’est un mal qui ronge la République française de longue date. Mais on assiste à une accélération du phénomène. Les affaires explosèrent sous la présidence de François Mitterrand, puis se multiplièrent par la suite sous les autres présidences jusqu’à celle d’Emmanuel Macron. Depuis son arrivée, le phénomène a explosé, montrant une corruption massive des milieux politiques, à l’exemple des plus coupables se trouvant aux plus hautes places de l’État français, jusqu’aux occupants de l’Élysée. Mon propos sera de balayer toute la période de la présidence de Giscard d’Estaing, jusqu’à nos jours, soit un demi-siècle de corruption désormais devenue endémique. Aujourd’hui dans l’Aurore Nouvelle, nous aborderons, l’affaire Benjamin Griveaux, le DSK boy qui défraya la Chronique, l’un des fondateurs du mouvement En Marche… et un des piliers de la Macronie avant sa déchéance dans un scandale retentissant.



Mais qui est Benjamin Griveaux ? Il naquit le 29 décembre 1977, à Saint-Rémy, Saône-et-Loire, d’une famille de la bourgeoisie et de notables locaux, son père était notaire et sa mère avocate. Il fut envoyé par ses parents dans l’institution prestigieuse des Chartreux, à Lyon, puis entra dans l’une des pires officines des « chiens de garde » du système, Sciences Po Paris (diplômé en 1999). Il poursuivit à HEC Paris (2001), mais échoua ensuite au concours d’entrée de l’ENA. Il s’encarta au Parti Socialiste (2003), devenant un DSK boy, l’un des collaborateurs du sinistre Dominique Strauss-Kahn (2003). Il participa à soutenir sa campagne aux primaires, en vue de l’élection présidentielle de 2007. La fine équipe dite « de la bande de la Planche », du nom de la rue où se trouvait le QG de campagne était peuplée de jeunes carriéristes comme lui, devenus par la suite tous des piliers de la Macronie, dont Ismaël Emelin, Stanislas Guerini ou Sibeth Ndiaye.
Il se lança en politique dans le fief parental, élu conseiller municipal à Chalon-sur-Saône (2008), cumulard de mandats avec celui de conseiller général de la Saône-et-Loire. Il devint même vice-président du conseil, sous la présidence d’Arnaud Montebourg. Il s’infiltra également pour devenir le vice-président de la communauté de l’agglomération de Chalon-sur-Saône. Il passa dans le cabinet Marisol Touraine (2012-2014), conseiller « spécial » notamment du Ministre de la Santé et des Affaires sociales de François Hollande. Pendant la période, il fut l’auteur du livre Salauds de pauvres ! (2012). Il fit un court passage dans le privé, entrant comme directeur de communication et des affaires publiques à Unibail-Rodamco (2014-2016).



Il fut l’un des premiers soutiens de la Macronie, étant le cofondateur du mouvement En Marche ! (octobre 2015), avec Ismaël Emelin, devenu conseiller d’Emmanuel Macron. Dès lors, il devint un proche du futur président. Il fut le porte-parole de la campagne présidentielle de Macron (2017), puis fut élu facilement à l’Assemblée nationale (2017). La récompense ne tarda pas pour son allégeance, nommé Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Économie et des Finances, trois jours après son élection au Palais Bourbon (21 juin 2017-27 mars 2019).
Cependant, il démissionna pour se lancer dans les municipales pour la ville de Paris (27 mars 2019). sous les couleurs de LREM, le parti présidentiel (2019-2020). Un premier scandale apparut avec la publication de vidéos où il se montrait grossier et lançant des insultes à ses « camarades » (juillet 2019). Mais le 14 février 2020, un mois avant le premier tour des Municipales 2020, « l’artiste » décadent russe Piotr Pavlenski publia des vidéos à caractère sexuel de lui, des captures d’écran et des conversations intimes. Il se plaignit immédiatement de « vengeance pornographique ». Laminé par l’information, il annonça le jour même le retrait de sa candidature affirmant : « je ne suis pas prêt à nous exposer davantage, ma famille et moi, quand tous les coups sont désormais permis, cela va trop loin ».



Ptior Pavlenski fut interpellé dès le lendemain et placé en garde à vue (15-18 février 2020), alors qu’il était recherché dans une affaire de violences avec arme, survenue lors du de la nuit du Réveillon, le 31 décembre 2019. L’arrestation fut complétée par celle de sa compagne, Alexandra Taddeo, destinataire présumée des vidéos. Ils furent mis en examen pour : « atteinte à l’intimité de la vie privée »et placés sous contrôle judiciaire (18 février 2020. Ptior Pavlenski était un provocateur connu pour être un « réfugié politique » (depuis 2017), pour des lèvres cousues, des testicules clouées sur la Place Rouge, l’incendie de la Banque de la France et d’autres méfaits du genre. Il avait été un protégé de la Macronie. Sa compagne, Alexandra de Taddeo, âgée de 29 ans, étudiante, nia tout en bloc et avoir conservé ces vidéos et messages : « sans intention de nuire ».
Benjamin Griveaux s’accrocha encore un moment à son siège de député français, mais démissionna avant la fin de son mandat (12 mai 2021). Il prit la fuite dans le privé, fondant un cabinet de conseil en stratégie, officiellement pour « des dirigeants d’entreprises » et devint investisseur dans des projets de start-up françaises, notamment dans l’IA. Il apparut ensuite comme cadre supérieur et Senior Advisor chez NSI, une filiale du groupe ADIT, spécialisée dans le conseil en stratégie d’influence et d’intelligence économique. Un fait marrant et triste, il est aussi toujours membre de la Fondation Jean Jaurès (depuis 2013), fondée dans les années 90, par Mauroy, mais devenue un repaire pendable de la Macronie.
Durant le scandale des vidéos touchant Grivaux, les théories qu’il défendait en 2012, dans Salauds de Pauvres !, alors se plaçant en avocat et défenseur des pauvres, furent mises en parallèle avec son engagement politique pour Emmanuel Macron, le Président des Riches et Ultra-Riches et l’un des plus proches collaborateurs de la France US.



Quant aux deux compères qui avaient lâchés les vidéos et scans d’écran, ni Piotr Pavlenski, ni Alexandra de Taddeo ne furent condamnés par la justice. Lors d’un procès mascarade et sans doute sur ordre de l’Élysée pour ne pas en rajouter sur l’affaire, l’un et l’autre bénéficièrent d’un non-lieu général… il ne s’était rien passé ! (mars 2022). Cependant Pavlenski avait pris 4 ans de prison avec un an de sursis pour l’affaire du Réveillon et des violences avec arme sur deux hommes, en plus de la révocation d’un sursis pour son affaire de l’incendie de la Banque de France. Il fut emprisonné, mais demanda et obtînt un aménagement de sa peine (novembre 2022), placé sous bracelet électronique pour un an et disparu ensuite un moment des radars médiatiques. Alexandra de Taddeo ne demanda pas son reste disparaissant elle aussi partiellement… mais toujours en couple avec le provocateur ! Le tribunal correctionnel de Paris reconnu toutefois coupables les deux tourtereaux (11 octobre 2023) et Pavlenski fut condamné à 6 mois de prison ferme, Alexandra de Taddeo à 6 mois de prison avec sursis, avec pour les deux, 15 000 euros de dommages et intérêts à Benjamin Griveaux et 5 000 euros pour ses frais d’avocat. Pavlenski ne fit pas appel, mais de Taddeo si… La Cour d’Appel du 31 janvier 2025, relaxa Alexandra de Taddeo, infirmant le jugement de 2023 et l’innocentant définitivement.


Fait comique, elle avait publié un premier livre L’Amour (25 mai 2023, éditions Michel Lafon), parlant du scandale où elle écrivait des passages tels que : « je n’étais pas impressionnée par la grosse bite de Johann, pas plus que par les relations de Jean ou les parades de Benjamin dans les bureaux de la République »… Charmant… La demoiselle est diplômée de droit international public et de relations internationales, mais la catégorie exacte desdites relations n’est pas précisée.

