Officiellement, la corruption serait faible en France et dans la fonction publique, mais les faits se multiplient et s’entassent depuis les années 70-80. Le régime fait valoir cette France, du « pays des Droits de l’homme », un État qui serait de droit et où la corruption n’existerait pas ou peu. Pour cacher la misère, les médias français parlent souvent de corruption dans d’autres pays, se plaisant à montrer du doigt des pays de l’Europe de l’Est ou d’Afrique. Dernièrement, l’affaire X a démontré une fois de plus, que la France était sclérosée par une corruption de ses administrations, de la fonction publique, des milieux politiques. Le nombre d’affaires a explosé, notamment depuis les présidences de François Mitterrand et Jacques Chirac, avec un nouveau pic depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron.
Aujourd’hui j’aborderai une affaire du moment, au niveau local et régional, l’affaire de l’agent comptable de Seine-Saint-Denis. C’est une histoire peu banale, d’un ancien gradé de l’armée française, commissaire aux armées et recyclé comme agent comptable, qui aura détourné la somme colossale de 648 000 euros en 8 ans… sans jamais être inquiété. Dans un pays malade, où les hommes de pouvoir donnent le mauvais exemple, l’échelon intermédiaire est aussi corrompu… Voici l’Affaire de l’agent comptable de Seine-Saint-Denis, dans l’Aurore Nouvelle :
L’affaire de l’agent comptable de la Seine-Saint-Denis. Pour des raisons d’anonymat, alors que l’affaire n’est pas encore jugée (elle le sera en septembre 2026), l’identité de cet agent n’a jamais été révélée au public. L’homme, affublé du prénom de « Philippe », âgé de 54 ans, avait été un militaire de carrière, servant comme commissaire aux armées, une très ancienne fonction militaire qui existait déjà dans les armées de la France révolutionnaire. D’un grade élevé, qui n’a pas été précisé, l’homme était au minimum au grade de commandant ou de lieutenant-colonel, voire colonel. Lors de sa reconversion dans la vie civile, ce grade et sa fonction lui permirent d’être intégré comme agent comptable, avec la plus élevée de la hiérarchie administrative : la catégorie A+. Intégré dans la fonction publique, il avait la charge et responsabilité de valider des dépenses dans plusieurs établissements scolaires du département de la Seine-Saint-Denis, dans les secteurs du Bourget, Stains et Dugny. Il s’occupait notamment des collèges Didier Daurat, JB Clément, Joliot Curie et Pablo Neruda, ainsi que des lycées François Rabelais, Joséphine Baker, Utrillo et Rimbaud. Dans ses fonctions, au moins entre 2017 et 2024, il détourna la somme colossale de 648 000 euros… fait incroyable, en particulier par la durée des détournements, pendant 8 années.
L’éclatement de l’affaire, le pot aux roses est découvert. C’est finalement la directrice du lycée hôtelier François Rabelais, à Dugny, qui ayant consulté les comptes de l’établissement, aura découvert des achats injustifiés, mais validés par le fameux agent comptable. Sentant qu’il y avait anguille sous roche, elle alerta immédiate sa hiérarchie, le rectorat (février 2024). Après vérifications, ce dernier en a informé le parquet financier de Bobigny, qui a diligenté une enquête judiciaire. La surprise fut d’abord la nature du criminel, un ancien commissaire aux armées, possédant un salaire très confortable. La grille des salaires des fonctionnaires de catégorie A+ est comprise entre un début de carrière et ses derniers échelons, de 4 400 à 6 320 euros, sans compter des primes et indemnités, pouvant encore augmenter ces émoluments au-delà de 8 000 euros par mois… L’homme était divorcé, père de deux enfants et vivait grand train, un train de vie artificiel lui demandant des fonds de plus en plus colossaux. Largement égaré dans sa vie amoureuse stérile, il s’était tourné vers Internet et ses possibilités de rencontre à l’international. C’est ainsi qu’il avait découvert « des créatures », en Afrique, dans deux pays, en Côte d’Ivoire et au Mali. Victime du phénomène des « brouteurs », complètement manipulé, il faisait de nombreux allers et retour vers ces pays, envoyant des présents, des cadeaux, finançant des gadgets technologiques, des voyages, des restaurants, des hôtels luxueux et envoyant également des fonds, soit près de 80 000 euros, seulement pour les cadeaux en argent sonnant et trébuchant.
L’homme aux 39 comptes bancaires. Expert… en comptabilité, perclus également de dettes, il avait réussi à ouvrir 39 comptes bancaires, qui furent les uns après les autres à découvert. Pour compenser, l’ancien militaire avait multiplié les prêts à la consommation, l’entraînant dans une spirale infernale, puis à organiser le détournement des fonds publics des établissements qu’il gérait, soit la somme totale de 648 000 euros. Il est important par comparaison, de comprendre que dans le cas d’un salaire lambda, du Français commun (1 500 euros), cette somme représente 36 ans de salaire… En supposant qu’il gagnait au moins 5 000 euros par mois (sans doute beaucoup plus), l’agent comptable avait déjà touché pendant cette période, la coquette somme de 480 000 euros de salaire. C’est donc plus d’1,1 million d’euros, de son propre argent et de l’argent dérobé qui fut englouti dans cette période, sans qu’il soit arrêté dans son « suicide », ni par une autorité bancaire, ni par un contrôle supérieur. Celui-ci ne semblait pas exister au-dessus de lui, étant le seul maître à bord pour valider les comptes des établissements scolaires. Un fait incroyable qui montre bien que des choses ne tournent pas rond, à la fois par rapport à la toxicité des banques, la protection des citoyens (contre eux-mêmes) et surtout des zones d’ombres dans les administrations où toutes les rapines deviennent possibles… par la négligence, l’incompétence et un système poreux.
Une affaire qui dérange au niveau local et des personnalités politiques du PS. L’agent comptable fut d’abord suspendu, puis révoqué par le Ministère de l’Éducation nationale (septembre 2024). Il était poursuivi pour « abus de confiance », mais l’enquête a suspecté une jeune femme de 24 ans, « sa compagne », elle même poursuivie pour « recel d’abus de confiance » et soupçonnée d’avoir bénéficié de l’argent détourné. Les journaux n’ont pas précisé la nature exacte de cette femme, plus jeune de 30 ans que son amant, ni même sa nationalité. Le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis avait annoncé son intention de porter plainte et de se constituer partie civile, tandis que la région Île-de-France s’associait à la plainte, les lycées relevant de sa compétence. Le « comptable » devait comparaître devant le tribunal correctionnel de Bobigny (novembre 2025), mais le procès a été renvoyé au 30 septembre 2026, à la demande des défenseurs de l’accusé. Mais l’affaire pose d’autres problèmes… notamment les zones d’ombre autour du rectorat, du fonctionnement des agences comptables, montrant l’absence totale de contrôles. L’homme étant totalement insolvable, l’inquiétude était grande que ces fonds finissent dans la catégorie « pertes et profits ».

Tout en bas de l’échelle, les personnels enseignants et administratifs des établissements scolaires spoliés demandaient des réponses et des réformes… qui dans la Macronie ne viendront certainement pas. De plus, le conseil départemental de Seine-Saint-Denis est présidé par Stéphane Troussel, militant au Parti Socialiste depuis 1993, membre du bureau national du parti, dont il est aussi le porte-parole national et un cumulard de mandats patenté. Il est aussi Président de l’Agence nationale d’information pour le logement et membre du Haut conseil à l’égalité… La première fonction lui apporte déjà un émolument estimé autour des 5 500 à 5 900 euros, la seconde fonction ne lui apporte pas de salaire, mais des indemnités comprises entre 1 500 et 2 500 euros par mois, et enfin la troisième, celle de président du Conseil départemental, de 7 942,47 euros, le brave conseil ayant voté une augmentation pour 2026… de 2 269,28 euros par mois, soit 40 % d’augmentation. De tels remous judiciaires ne sont jamais bons pour ces politiciens professionnels gavés d’argent public, apportant les phares de la presse et attirant l’attention… ni pour l’image « du département » et des administrations en dépendant, aussi ce genre d’affaires terminent souvent dans les oubliettes judiciaires… la presse étant invitée à aller voir plus loin.
