Une polémique est en train de naître en France, au sujet d’une proposition de loi de la députée Caroline Yadan, visant à lutter contre : « les formes renouvelées d’antisémitisme », mais qui pose de nombreux problèmes. La loi ne s’attache pour commencer qu’à un pan du racisme et non à l’ensemble du problème. Les formes de racisme visant les populations de couleurs, les musulmans, les asiatiques, les populations blanches sont en effet ignorées, malgré des voyants au rouge. Enfin la loi s’enlise dans un amalgame très dangereux entre « l’antisémitisme », « l’antisionisme » et s’attaque aux potentielles critiques d’Israël. Dans un contexte de guerre sans fin et des terribles massacres commis par l’armée israélienne dans la bande de Gaza, la loi ne semble pas en réalité lutter « contre l’antisémitisme », nullement contre le racisme, mais bien contre « les critiques et ennemis d’Israël ».
La population juive en France ne représente par ailleurs qu’un demi-million, face à 10 fois plus de musulmans et un nombre incalculable de chrétiens, d’autochtones blancs et d’Européens. Retour dans l’Aurore Nouvelle sur cette polémique qui monte, alors qu’une pétition contre la loi vient de dépasser les 500 000 voix, la deuxième fois seulement sous la Ve République. De telles mobilisations des opinions en France sont très rares. Nous commencerons par regarder les statistiques des 40 dernières années, pour comprendre si oui ou non, de nouvelles lois contre l’antisémitisme seraient nécessaires.
Dans une deuxième partie, nous aborderons la biographie de Caroline Yadan, afin de comprendre qui est cette politicienne obscure. Elle ne pénétra dans le Palais Bourbon qu’en étant une suppléante, n’ayant jamais été élue. Enfin, n’ayant aucune chance de l’être, c’est dans la 8e circonscription des Français de l’étranger… qu’elle s’est ensuite maintenue à son siège. Sa circonscription ne représente que 149 000 Français, mais loin devant la plus petite, Saint-Pierre-et-Miquelon (5 974), ou la 2e circonscription du Cantal (62 753). Alors pour comprendre, voici l’article de l’Aurore Nouvelle :



Des agressions et guerres impliquant Israël au cœur du problème. L’agression nouvelle des États-Unis et d’Israël de l’Iran, qui se couple avec une offensive contre le Liban, où Musulmans et Chrétiens sont attaqués, n’arrangent pas le discours très suspect de Caroline Yadan. Le projet de loi s’appuie cependant sur une multiplication des actes antisémites depuis 2023, justement au moment des faits des tueries dans la bande de Gaza. On assiste dès lors effectivement à une recrudescence d’actes antisémites, motivés (et devant être condamnés), par les actions militaires de Tel-Aviv et les crimes de guerre très nombreux des forces israéliennes (devant aussi être condamnés). Cette guerre qui date de l’époque de la création d’Israël, secoue l’Hexagone depuis longtemps, revenant sur le devant de la scène en permanence. Elle s’empare de l’actualité régulièrement, alors que la France n’a pas d’intérêts dans la région, si ce n’est des liens distendus avec les Chrétiens d’Orient, notamment au Liban, autrefois en Égypte, en Syrie ou en Irak. Cette guerre est surtout psychologique, fracassant l’opinion publique française, divisée et travaillée au corps, entre les deux camps. La France fut aussi un champ de bataille, par l’action d’agents palestiniens repliés dans le pays, ou d’agents du Mossad, le tout finissant parfois par des assassinats. Ces faits remontent essentiellement aux années 70-90, mais l’opinion française est ignorante de cette guerre sourde qui se poursuit. Elle est aussi attisée par des politiciens français, pour des raisons de politique intérieure, entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche, mais tous les partis politiques se sont emparés plus ou moins de ce conflit étranger. La raison principale n’est pas seulement la communauté juive française, mais l’histoire de l’Holocauste rend très tendu ce sujet.



L’antisémitisme et le racisme en chiffres. Dans les années 80-90, les actes antisémites étaient alors en moyenne de 150-200 par an. Ces actes ont augmenté par la suite, passant à une moyenne de 350 (années 2000), puis de 400 (dans les années 2010-2020). Plus les Américains et Israéliens menaient des opérations au Moyen-Orient, plus ces actions ont progressé, avec également dans le même temps, l’arrivée massive de migrants, ces dernières années entre 250 000 et 350 000 par an. Ces migrants venants de pays musulmans et les pays agressés étant musulmans pour la plupart, le phénomène de l’antisémitisme a augmenté. Il doit cependant être rappelé que la taille de la population n’était pas la même en 1980, qu’en 2026. L’augmentation fut réelle, mais tout de même faible par rapport à d’autres pays, notamment aux États-Unis ou au Royaume-Uni, où les actes antisémites étaient de 3 à 7 fois plus nombreux (année 2025). Caroline Yadan s’appuie en fait sur les chiffres de 2023-2025, avec 1676, 1 570 et 1 320 actes antisémites pendant cette période. Cependant, le racisme et les actes racistes doivent être donnés dans leur totalité : 9 700 crimes ou délits racistes (2025). Le plus gros des agressions concernent les populations de couleurs, les musulmans, les populations juives et enfin les populations chrétiennes et blanches (843 crimes racistes contre eux en 2025). Ce dernier racisme contre les blancs et les chrétiens… officiellement n’existe pas… C’est bien là le gros problème de la loi Caroline Yadan, se focalisant sur un seul des « cavaliers » du racisme, niant, ou négligeant les autres. Or l’un des principes de la République Française, fondamental, est décliné dans sa devise : l’Égalité. En mettant de côté les autres faits racistes, avec une augmentation en 2025, de 5 % des agressions ou délits racistes, la députée rend suspecte son action et ses intentions. En 2025, en France, notez qu’il n’y eut que 3 assassinats racistes et religieux : 1 chrétien d’Orient et deux musulmans… mais aucun juif.



Mais qui est Caroline Yadan ? Elle naquit à Boulogne-Billancourt, le 14 août 1968, sous le nom de Caroline Yadan Pesah, dans une famille juive d’origine tunisienne et polonaise. Elle fit des études supérieures et devint avocate en droit de la famille. Elle resta longtemps invisible, mais apparue soudainement dans les rangs de la Macronie. En premier lieu elle fut responsable du pôle antisémite du think thank de la LICRA, la Ligne internationale contre le racisme et l’antisémitisme. Installée et vivant à Paris, elle était inscrite au barreau de Paris, mariée à un comédien.
Une créature de la Macronie. C’est alors qu’elle se présenta aux élections régionales en Île-de-France, sur la liste du parti présidentiel LREM (2021). Elle devint la suppléante du très controversé Stanislas Guerini, alors député de la 3e circonscription de Paris (2022), qui fut bientôt nommé ministre. Sans avoir été élue, elle devint alors députée de l’Assemblée nationale (23 juillet 2022-2024). Elle fut nommée immédiatement vice-présidente du groupe d’études sur l’antisémitisme et la secrétaire-générale du groupe d’Amitié France-Israël, au Palais Bourbon. Après la dissolution de l’assemblée par Macron, n’ayant aucune chance d’être élue dans une élection dans l’Hexagone, elle se présenta dans la 8e circonscription des Français établis hors de France, pour la zone couvrant Israël, la Palestine, le Liban, la Grèce, l’Italie, Malte et la Turquie. Elle fut élue battant le candidat sortant, avec 52,7 % des voix (2024-2029).



L’antisémitisme et la paranoïa de Caroline Yadan. Sa première sortie fut de dénoncer le journaliste Taha Bouhafs, d’avoir été un colistier d’Alain Soral, aux élections européennes de 2019 (1er février 2023). Lancées sur le réseau social, ses accusations étaient fausses et diffamatoires. Elle défraya de nouveau la chronique en continuant ses dénonciations sur ses réseaux sociaux. Elle s’attaqua cette fois au rédacteur en chef adjoint de journal Le Monde, Benjamin Barthe, lauréat du Prix Albert-Londres, « de nourrir la haine des juifs en France » (30 mai 2024). Sombrant dans un délire, elle proposa ensuite qu’aucune personne ne pourrait faire l’acquisition de la nationalité française, sans faire une déclaration solennelle : « de la reconnaissance d’Israël » (30 juin 2024). Elle s’empêtra bientôt dans des déclarations racistes et ambiguës, notamment étant invitée sur RMC, de l’émission L’After Foot (avril 2025). Elle proclama qu’il y avait dans le sport : « des dérives communautaristes et islamistes », parlant de la prière dans les vestiaires : « comme un problème », puis comparant le port du voile : « à l’étendard des Frères musulmans ». L’émission très choquante déclencha une levée de boucliers, notamment dans les journaux ou des déclarations de personnalités. L’Humanité qualifia l’émission : « d’une diatribe islamophobe », et le présentateur de l’émission présenta des excuses publiques… Elle s’y refusa.
L’allégeance à Israël. S’attaquant à tout ce qui pouvait être une opposition à Israël, elle demanda la dissolution et l’interdiction du parti La France Insoumise, qualifiant Jean-Luc Mélenchon et d’autres personnalités d’antisémites. Le lendemain des commémorations pour les 80 ans de la libération d’Auschwitz, elle mit en cause : « la haine des juifs d’un dangereux parti à l’extrême-gauche de cet hémicycle », provoquant le départ de la salle de députés écologistes, socialistes et LFI (28 janvier 2025). Un peu plus tard, elle s’attaqua également à l’ONG Amnesty International, après leur publication d’un rapport sur les massacres et le génocide entreprit par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. Elle affirma que l’ONG diffusait de fausses nouvelles et qu’il n’y avait pas de génocide… Le fait le plus marquant fut sa sortie du parti présidentiel (2025), où après l’annonce d’Emmanuel Macron de reconnaître l’État palestinien, elle quitta le groupe Ensemble pour la République… tout en se disant : « député apparentée » à la Macronie.



Elle avait prise des positions pro-Israël notoires et appuyées, notamment dès octobre 2023, après l’agression du Hamas et la réponse extrêmement violente de l’armée israélienne. Son soutien alla très loin, avec son invitation en Israël, d’une ONG de manipulations et d’infiltration, l’ELNET. Huit députés français répondirent à cet appel, en réalité une opération de propagande pour défendre la position israélienne (2023). Elle entra dans une colère noire contre Emmanuel Macron, invitée sur le plateau de BFMTV, où elle déclara : « au-delà d’être, comme vous dites macroniste, je suis députée des Français qui habitent en Israël », des propos qui choquèrent toute la France, car elle était en réalité députée de tous les Français de sa circonscription et également… de ceux de Palestine. Le clash final vint au moment de la reconnaissance par la France de l’État palestinien (juillet 2025). Elle déclara : « c’est une faute politique, morale et historique ».
Son dernier fait d’armes, cette loi sur « les formes renouvelées de l’antisémitisme » (2026) a été adopté de justesse en commission (18 voix contre 16), alors que l’Organisation juive européenne exprimait son désaccord sur la loi : « comme un texte inefficace et mal cadré ». Problème, la pétition qui a été lancée et accusant le texte d’amalgame et de danger pour la liberté républicaine, a dépassé les 500 000 signatures (8 avril 2026), le seuil requis pour que cette pétition soit examinée lors d’un débat… sans vote, dans l’hémicycle du Palais Bourbon. Interrogée sur cette soudaine opposition populaire, la députée n’a pas osé qualifier les citoyens l’ayant signé « d’antisémites » tombant sous le coup de sa loi… Elle déclara propos de la pétition : « c’est une pétition portant sur une communication fondée sur des contre-vérités factuelles ». Dans l’Assemblée, le texte de loi doit encore être voté, mais d’ors et déjà, plusieurs partis voteront contre, notamment LFI ou le parti socialiste qui l’ont déjà annoncé, le MoDem exprimant des réserves. Dans toute l’histoire de la Ve République, seule une pétition avait fait l’objet d’un débat à l’Assemblée… en février 2026. Ce sera le deuxième, qui confirme bien que le coucou du conflit Israël/Palestine est bien installé en France et n’est pas prêt de vouloir quitter le nid douillet, semant division et haine tout azimut.



