A l’heure de la guerre psychologique et cognitive féroce qui se déroule sur le plan informationnel, le grand public ignore pour l’essentiel que cette guerre a pris une importance cruciale. L’Occident a été et reste à la pointe de cette offensive menée contre les citoyens de leurs propres pays, mais aussi à l’internationale, sur tous les fronts. Politiciens stipendiés, usines à trolls, faux médias, faux journalistes financés par des services ou des « ONG », lobbyistes de tout poil, ils exercent une pression constante. Cette pression vise à maintenir en place une doxa et un narratif officiel, comme la seule vérité, mais aussi à influer dans leurs pays. Cette guerre se mène à travers le champ politique et informationnel, les médias de masse, la culture, les écrans, notamment par le cinéma, les jeux informatiques, les séries et plateformes TV, les jeux télévisés, la TV réalité, la publicité, le marketing.
Au plus haut niveau des politiciens, des agents, des lobbyistes, des analystes, des experts de plateaux œuvrent dans des partis, des think thank, des ONG, des fondations, des clubs, des réseaux sociaux, mais aussi peuvent se trouver à l’action dans les universités, dans les milieux artistiques, dans les organisations distribuant des prix. Certains agissent plutôt dans des réseaux d’influence dans les sociétés, les entreprises, les industries, les complexes militaro-industriels, les sphères politiques locales, régionales, nationales et supranationales, les industries des technologies de pointe, les sphères universitaires et de la recherche. Dans cette nouvelle rubrique, je vous propose de vous présenter certains de ces agents, leurs biographies sont édifiantes et permettent de comprendre qu’ils sont nombreux et que cette guerre silencieuse existe bel et bien et se déroule sous nos yeux.
Aujourd’hui j’aborderai le cas de Nils Daniel Carl Bildt, énorme agent d’influence, homme politique suédois de premier plan, mais aussi une sorte de Jacques Attali suédois. Il fut l’homme qui fit entrer la Suède dans l’Union européenne, mais aussi celui de l’entrée du pays dans l’OTAN. Membre d’une vingtaine d’organisations suspectes, think thank et groupes d’influence, membre du club Bildelberg, il s’infiltra dans les conseils d’administrations d’entreprises suédois, américaines et belges, notamment un fonds d’investissement US. Voici dans l’Aurore Nouvelle, le cas de Nils Daniel Carl Bildt…. L’éminence grise.



Mais qui est Nils Daniel Carl Bilt ? Il naquit à Halmstad, Suède, originaire d’une famille noble, très influente en Suède, car son arrière-arrière-grand-père, le baron Gillis Bildt fut le Premier ministre de la Suède (1888-1889). Son père Daniel Bildt était un officier de réserve de l’armée suédoise, cadre supérieur et chef de bureau de cette armée. Lui même fit des études supérieures à l’Université de Stockholm, qu’il abandonna avant la fin, pour devenir politicien professionnel (1973). Il avait déjà milité précocement dans les milieux étudiants de la gauche suédoise (1968-1973), avant de devenir un agent européiste d’abord discret, puis de premier plan.
L’agent européiste et atlantiste. Il fut membre des Jeunes Européens fédéralistes (années 70). Ce mouvement prônait la création d’une Europe fédérale, où les frontières seraient bannies et ouvertes, les souverainetés abandonnées au profit d’une entité fédérale européenne supranationale. La Suède n’était alors ni membre de l’Union européenne, ni membre de l’OTAN, dans une tradition où le pays était resté sur des positions neutres. La Suède fut l’un des rares pays à ne pas participer aux deux guerres mondiales et à ne pas subir d’événements révolutionnaires majeurs. Elle avait pourtant été agitée par une pression révolutionnaire, au moment de la révolution bolchevique en Russie, pays voisin (1917-1918), mais n’entra pas en ébullition. De fait la monarchie suédoise survécut à l’hécatombe des têtes couronnées, bien que le roi de Suède, officiellement chef de l’État, n’occupe plus qu’une fonction cérémonielle et représentative.




L’homme qui fit entrer la Suède dans l’UE. C’est sous les coups des européistes et de la gauche suédoise que la monarchie suédoise fut dépouillée de toutes ses prérogatives politiques, par le changement de la Constitution suédoise, en 1974. Bildt se présenta pour la première fois aux élections législatives et fut élu (1979-2001), restant vissé à son siège pendant de très longues années. Il fut élu président du Parti Modéré du Rassemblement (Moderata Samlingspartiet), une formation politique libérale et conservatrice, ayant alors singulièrement dérivé de la gauche vers le centre-droit (1986). En quelques années il s’imposa comme la grande figure politique du moment, atteignant le sommet du pouvoir. Il fut nommé Premier ministre de la Suède (1991-1994). Il entama immédiatement des négociations pour faire entrer la Suède dans l’UE (dès 1991). Le principal de son action fut d’emporter l’adhésion des Suédois, menant des campagnes, dont les financements resteront à analyser… lorsque des archives seront ouvertes. Malgré sa défaite politique aux élections de septembre 1994, le processus était très avancé et se solda par un référendum d’adhésion (13 novembre 1994). Le oui l’emporta par 52,2 %, contre 46,9 %, une victoire qui fit entrer la Suède dans l’UE (1er janvier 1995).




L’agent atlantiste et américain. Il fut alors nommé Haut représentant international en Bosnie-Herzégovine (1995-1997), après la guerre de destruction de la Yougoslavie. Ce titre s’accompagnait de celui d’envoyé spécial de l’Union européenne en ex-Yougoslavie (juin 1995), et il fut l’un des coprésidents de la Conférence de paix de Dayton (novembre 1995). Comme haut représentant, il fut chargé : « de superviser la mise en œuvre civile des accords de paix ». La Yougoslavie détruite, il fut nommé envoyé spécial de l’ONU dans les Balkans (1999-2001), au moment de l’agression de la Serbie. Il intégra une multitude de groupes douteux, tous liés aux USA, financés par eux ou visant la gouvernance mondiale. Citons notamment la Commission trilatérale (1998), une organisation privée du groupe Bilderberg, le Council of Foreign Relations (think thank US, menant à la CIA et l’USAID), le Centre of European Reform (think thank britannique pour maintenir le pays dans l’UE), l’Institut international d’études stratégiques (think thank, Londres), la Fondation Carnegie pour la Paix (fondation d’infiltration US), et fut un invité constant du groupe Bilderberg (depuis 1996). Il fut recruté également par la RAND Corporation (USA), une organisation liée à l’armée US et à la recherche. Il prit position en faveur des USA pour l’invasion de l’Afghanistan, puis de l’Irak (2001-2003). Enfin il milita… pour l’intégration de la Turquie dans l’UE.



Un pion central du mondialisme et de la haute-finance. Pendant la période, il s’infiltra dans plusieurs conseils d’administration de sociétés. Il fut nommé au conseil d’administration de la Offentliga Hus i Norden AB, une société immobilière. Mais aussi dans la Legg Mason Inc, une société de gestions d’actifs américain de premier plan, basée à Baltimore dans le Maryland (elle fut rachetée par la société Franklin Templeton en 2020). Parmi d’autres conseils d’administrations, signalons les entreprises suédoises HiQ International AB, la Micro Systemation AB, la Magnora AB, l’International Crises Group (Belgique), ou encore le Centre for International Governance Innovation (Canada). Il fit bientôt un retour dans le gouvernement suédois, nommé Ministre des AE de la Suède (2006-2014). Sa longévité à ce siège, lui permit de mener de nombreuses actions… en soutien du Kosovo, de la Géorgie (2008), condamnant les Kurdes (en faveur de la Turquie), mais aussi les Ossètes (contre la Russie), puis les Criméens (en faveur de l’Ukraine et des USA, 2014). Durant cette période, il milita en permanence pour la fermeture du dialogue avec la Russie. Même après son départ du ministère, c’est lui qui pesa pour que la Suède participe à la formation et l’entraînement de soldats ukrainiens, l’envoi d’un soutien financier, de matériels et d’autres soutiens (en compagnie de 4 autres pays, le Canada, le Royaume-Uni, la France et les USA, 2015-2021). Il vînt même à Kiev et déclara que l’UE devait financer l’Ukraine pour l’aider dans sa guerre contre les populations du Donbass. Un fait très rare, même dans les agents les plus fanatiques en Europe.



L’homme de l’entrée de la Suède dans l’OTAN. Il fut ensuite bombardé Président de la Commission mondiale sur la gouvernance d’Internet (2014-2016), mais fut aussi membre du Conseil consultatif international sur les réformes en Ukraine (2015-2016), dont l’une des tâches était la préparation d’une guerre plus vaste, et de « conseiller » Porochenko (comprendre le piloter). Il fut encore nommé envoyé spécial de l’Organisation mondiale de la santé, (OMS, 2021 à nos jours), l’un des personnages derrière « l’arnaque » de la pandémie du Covid-19. Ce fut lui encore qui fut l’artisan et le négociateur de l’entrée de la Suède dans l’OTAN. Le gouvernement suédois rompant avec plus de deux siècles de neutralité, depuis les guerres napoléoniennes, tomba dans l’escarcelle de l’OTAN. La Suède fit une demande d’adhésion (16-18 mai 2022), qui fut longuement bloquée par la Turquie et la Hongrie. Cependant, les deux pays levèrent finalement leurs veto, selon des négociations secrètes dont nous ne connaissons pas la teneur (janvier et mars 2024). Officiellement la Suède fut intégrée dans l’OTAN (7 mars 2024), Bildt ayant joué un rôle central et crucial. La presse internationale a parlé de lui comme : « l’éminence grise ». Dès l’adhésion prononcée, le gouvernement suédois fit appel à Bildt pour : « une mission d’expertise » (2025). La même année, il proposa des réformes en profondeur des services de renseignement suédois, et d’autres réformes dans l’armée.





L’homme très friand d’honneurs et de médailles, pour « ses bons services » européistes et atlantistes fut recouvert de médailles remises par 17 pays ( parmi eux : Suède, France, Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Grèce, Italie, Pologne, Lituanie, Lettonie, Estonie, Norvège et Ukraine), et bien que n’ayant rien fait pour la France, il fut nommé Commandeur de la Légion d’honneur. Il est aussi actuellement membre de 20 organisations mondialistes, dans le compliqué labyrinthe du système globalisé, ou parfois appelé Ordre Mondial. Au premier chef, si le système mondialiste venait à s’écrouler, il devrait être jugé comme des pontes du régiment nazi : « pour complot en vue de déclencher des guerres », et d’autres chefs d’accusations pour ses trahisons du peuple suédois.
