La Pologne veut accueillir le contingent américain présent en Allemagne

La Pologne veut accueillir le contingent américain présent en Allemagne

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Il y a quelques jours encore, certains responsables européens et pseudos experts voyaient dans le retrait, plus que limité, américain d’Allemagne une « chance historique » pour une « OTAN plus européenne ». Une armée commune ? Une autonomie stratégique ? La réponse polonaise vient de tomber.

C’était il y a à peine une semaine. Dans les cercles de Bruxelles, à Berlin, chez certains éditorialistes français, on murmurait : et si le départ d’une poignée de soldats américains d’Allemagne forçait enfin l’Europe à se réveiller ? Moins d’Américains, disaient-ils, signifierait plus d’Europe. Une OTAN rééquilibrée. Peut-être même les prémices d’une véritable armée commune européenne.

Certains politiques allemands y voyaient un « réveil nécessaire ». Des experts en relations internationales, invités sur les plateaux, parlaient d’une « opportunité historique » pour l’autonomie stratégique du Vieux Continent.

Quelques jours plus tard, la réponse est tombée. Et elle vient de Pologne.

Karol Nawrocki, président polonais, n’a pas laissé planer le doute : « Si Donald Trump retire ses troupes d’Allemagne, la Pologne est prête à les accueillir. » Infrastructures prêtes, proximité avec la Biélorussie…

Pas un mot sur une prétendue « OTAN européenne ». Pas une once d’enthousiasme pour une armée commune. Juste une réalité crue : pour Varsovie, la sécurité passe par Washington, pas par Bruxelles.

Dans les couloirs de certains ministères européens, des diplomates le confessent à demi-mot : l’idée d’une défense européenne crédible sans les États-Unis est illusoire.

L’attitude polonaise a le mérite d’illustrer la réalité européenne, une division certaine, un système autobloquant et l’impossibilité de concilier l’UE, l’OTAN et la zone euro, avec la souveraineté nationale.

Amine Sifaoui