Voici une rubrique sur la corruption des milieux politiques, les élites politiques et les politiciens professionnels. Le propos n’est pas d’attaquer une ou plusieurs formations politiques, mais de les attaquer toutes, à travers les biographies des politiciens corrompus, oligarques, barons locaux et tout l’aréopage politicien de France et de Navarre. C’est un mal qui ronge la République française de longue date. Mais on assiste à une accélération du phénomène. Les affaires explosèrent sous la présidence de François Mitterrand, puis se multiplièrent par la suite sous les autres présidences jusqu’à celle d’Emmanuel Macron. Depuis son arrivée, le phénomène a explosé, montrant une corruption massive des milieux politiques, à l’exemple des plus coupables se trouvant aux plus hauts niveaux de l’État français, jusqu’aux occupants de l’Élysée. Mon propos sera de balayer toute la période de la présidence de Giscard d’Estaing, jusqu’à nos jours, soit un demi-siècle de corruption désormais devenue endémique.
Aujourd’hui nous aborderons le cas de Nicolas Bay, ancienne figure centrale du FN, du RN, de MNR, de Reconquête et désormais dans le parti de Marion Maréchal, Identité-Libertés. Son cas est particulier, car pendant très longtemps les forces politiques classées à l’extrême droite, n’ayant pas ou très peu de mandats, surtout au niveau national, elles purent attaquer les partis dominants, notamment sur la corruption de ces partis politiques, sans être inquiétées sur ce plan. Avec la montée en puissance de ces forces, d’abord avec la surprise Jean-Marie Le Pen (2002), puis l’arrivée à deux reprises au second tour de la présidentielle de Marine Le Pen (2017 et 2022), cette force politique et les autres mouvements ont accédé à des fonctions politiques nationales et européennes. Des affaires ont commencé à sortir dans les années qui suivirent, alors que toutes les forces réunies de cette frange politique sont en capacité de réunir jusqu’à 13-15 millions d’électeur sur 50. Voici dans l’Aurore Nouvelle, le cas et les affaires de Nicolas Bay.



Mais qui est Nicolas Bay ? Il naquit le 21 décembre 1977, à Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines. Il s’engagea très précocement en politique, dans l’aile de le jeunesse du Front National, il n’avait alors que 14 ans. Il fut aussi un scout, d’un mouvement catholique, les Scouts Unitaires de France, dans cette période. Il affirma plus tard avoir été séduit par les discours de Jean-Marie Le Pen, notamment autour de son opposition (également dans d’autres couleurs politiques, notamment de gauche, ou dans la droite libérale), au traité européen de Maastricht (1992).
Il fit le choix de quitter le FN, au moment de la scission du FN et entra au MNR de Bruno Mégret (1998-2009), mouvement radical, autrefois l’aile droite du parti du FN. Il se confronta pour la première fois aux électeurs et fut élu conseiller municipal à Sartrouville, Yvelines (2001-2005). Il fut réélu plusieurs fois à ce poste, restant en fonction jusqu’en 2014). Il tenta de se faire élire aux élections régionales de l’Île-de-France, tête de liste, mais ne réalisa que le score modeste de 1,18 % (2004). Il fut finalement exclu du MNR, suite à ses tentatives de rapprochement avec le FN (2008).



Il rejoignit de nouveau le FN (2009-2022) et fut couché sur la liste des élections européennes du parti (2009). Après un nouvel échec, il fut tête de liste dans la région de Haute-Normandie, réalisant un bon score, élu au conseil régional (14,2 %, 2010-2015). Il fut ensuite élu député européen pour la circonscription Nord-Ouest (2014-2019), montant alors en puissance. Il fut nommé secrétaire-général du FN par Marine Le Pen (30 novembre 2014), tête de liste dans la fusion de la région Normandie (élu au second tour, 27,5 %, 2015-2021). Il fut alors désigné comme porte-parole de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, qui fut battue au second tour (2017). Durant cette campagne, il tenta un voyage en Israël, le parti étant souvent accusé de racisme et d’antisémitisme. La visite non officielle créa une polémique qui fut reprise par la presse française et obligea le gouvernement israélien à faire un communiqué (27 janvier 2017), pour nier tout contact officiel avec le Front National. Il fit une visite au Yad Vashem avec des propos condamnant les camps et la barbarie nazie. Il fut réélu à son siège de député européen (2019-2024), mais aussi au conseil régional de Normandie (2021-2025).
Il fut suspendu du Rassemblement National, pour avoir transmis des informations « stratégiques » à Eric Zemmour (15 février 2022). Il passa alors dans le parti Reconquête, dont il fut nommé vice-président (18 février). Il fut encore réélu à son siège de député européen, pour son nouveau parti (juin 2024). Cependant il fut exclu par Eric Zemmour pour avoir appelé à une alliance entre le RN et Reconquête, pour les élections législatives (juin 2024). Il rejoignit le parti Identité-Libertés, la formation politique de Marion Maréchal, qui fut créée en octobre de la même année. Il fut intégré au bureau politique du parti lors de sa fondation.



L’affaire des assistants parlementaires. Il fut mis en cause dans l’affaire des assistants parlementaires européens du RN (2018). Le parti était accusé de détournement de fonds publics européens, pour plusieurs millions d’euros, dans un système d’emploi fictifs, permettant de rémunérer des membres du FN, puis du RN (depuis la fin des années 2000). Lui-même fut mis en cause pour l’emploi de son assistant parlementaire, Timothée Houssin, employé du 1er juillet 2014, au 31 mars 2015, pour une rémunération de 39 000 euros. L’assistant ne travaillait pas vraiment comme assistant parlementaire, mais pour le parti en France. En 2018, il remit au juge d’instruction un dossier de 112 pages de revues de presse, qui étaient censées prouver le travail de son assistant. L’enquête démontra que des pièces avaient été réimprimées avec des éléments postérieurs à 2014, ce qui avaient déjà été révélé par les média France Info et par Complément d’Enquête. Mis en difficulté par ces pièces truquées, il suivit le parcours judiciaire visant plusieurs membres ou anciens membres du FN/RN. Suite à un premier jugement, il fut condamné à 3 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, 12 mois de prison avec sursis, dont 6 avec bracelet et 8 000 euros d’amende (31 mars 2025). Après avoir fait appel, il reconnut finalement devant le tribunal : « que son assistant l’avait aidé dans ses activités politiques nationales et non européennes ». Il déclara : « cela peut apparaître comme un détournement aux yeux de tout le monde, mais je n’avais pas conscience de commettre un délité et j’ai pêché par naïveté » (janvier 2026).
L’affaire de l’incitation à la haine. Pendant l’intervalle, il fut touché par une autre affaire conduisant à la suspension de son immunité parlementaire par le Parlement européen (2 février 2023). Les faits reprochés étaient la publication d’une vidéo, où il critiquait la construction d’une mosquée en Normandie (5 mai 2021). Il déclara : « l’islam politique doit cesser, le communautarisme doit être arrêté ». Il critiqua la levée de son immunité, déclarant : « la majorité docile, la majorité servile a voté la levée de mon immunité parlementaire, nous n’abandonnons pas, je me battrai devant les tribunaux français ».
Épilogue. La condamnation avec application exécutoire provisoire, malgré son appel, lui a fait perdre son mandat de conseiller régional de Normandie, il fut limogé d’office par le préfet de la région (25 juin 2025). Quant à son mandat européen, il est toujours député du parlement, dans l’attente d’une condamnation définitive, notamment dans l’affaire des assistants parlementaires. La procédure judiciaire pour incitation à la haine raciale est toujours en cours, engagée officiellement en 2023.



Les forces politiques classées à l’extrême-droite, longtemps cantonnées à un unique parti, ont vu un développement progressif de nouvelles formations, par des scissions ou des divergences d’opinions. Après des scores modestes dans les années suivants sa création (années 70), le FN est monté en puissance, notamment instrumentalisé à gauche, dans l’idée d’affaiblir et de diviser l’électorat de droite, pour la noyauter et l’affaiblir. Cette stratégie conduisit cependant à une première entrée massive de députés au Palais Bourbon (1986-1988), puis à la surprise de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle (2002). Le parti fut toiletté par la suite, dans l’ère de Marine Le Pen, devenant une force politique de premier rang et l’un des 4 partis fromagistes. À l’heure actuelle les forces de l’extrême-droite, ou définies comme telles sont les suivantes en France :
RN : 119 députés à l’Assemblée Nationale, 30 au Parlement européen, environ 250 à 300 conseillers régionaux, une trentaine de conseillers départementaux, une cinquantaine de mairies, mais pas de villes de premier rang.
Reconquête : aucun député à l’Assemblée Nationale, 1 au Parlement européen, 15 conseillers régionaux et 7 conseillers départementaux.
Identité-Libertés : 3 députés apparentés au groupe RN, 4 au Parlement européen, des conseillers régionaux en réalité inclus dans le RN.
Les trois formations politiques sont créditées de 13 à 15 millions d’électeurs pour un total de 50,4 millions de Français inscrits sur les listes électorales, soit une force considérable de 25 à 30 % de l’électorat, pouvant réaliser des scores plus importants selon la mobilisation des Français aux urnes.
D’autres partis sont classés incorrectement par la propagande du système dans la catégorie de l’extrême-droite, la presse française participant à la propagation de cette confusion, où en ajoutant les adjectifs « complotistes », « souverainistes », voire « fascistes », notamment Debout la France, l’Union Populaire républicaine, ou des mouvements, notamment celui des réseaux de réflexion autour de la Constitution française d’Étienne Chouard, ou Génération Frexit.
